Les «intelligences» de la nature (1)
Parler d’intelligence, au singulier, cause bien des confusions tant ce mot unique recouvre de sens différents, variables selon ses utilisateurs et les langues dans lesquelles ils s’expriment. D’abord, il faudrait un mot distinct pour séparer ce qui relève de la cohérence logique, technique, chimique ou mathématique de la nébuleuse confuse dite «intelligence humaine», par définition consciente et contrôlée par les émotions et les cultures. En parlant de «Logique du vivant», François Jacob objectivait ce que d’autres auraient qualifié d’intelligence inconsciente, par opposition à l’intelligence humaine. Ce qui permet, entre autres, de ramener la sélection naturelle à sa définition objective, publiée, sans la nommer, en 1798, par Thomas Malthus dans son Essai sur le principe de population: des caractères hérités persistent et se répandent d’autant plus que leurs porteurs survivent et se reproduisent. Les changements de proportions, la généralisation ou l’élimination de ces caractères dans les populations........
