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Taxes douanières: le cuisant échec de Donald Trump

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20.02.2026

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Pour Donald Trump, c’est un coup de massue, un séisme de magnitude 9 dont il se serait bien passé à moins de neuf mois des élections de mi-mandat. La Cour suprême américaine juge illégales les taxes douanières dites «réciproques» imposées par les Etats-Unis à une majorité de pays du monde. L’urgence économique invoquée par l’administration Trump n’était pas justifiée. Pour le président américain, c’est une cuisante défaite. Son agressive stratégie économique reposait en grande partie sur les droits de douane les plus substantiels jamais imposés depuis les années 1930. Elle visait à favoriser l’industrie américaine et à inciter les multinationales étrangères à investir outre-Atlantique.

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Donald Trump avait pourtant averti: une décision négative de la Cour suprême provoquerait un véritable chaos. C’est probable. Cette dernière n’a cependant pas cédé au chantage. Les taxes déjà prélevées depuis le «jour de la libération», le 2 avril 2025, date à laquelle il a publié une liste des droits de douane appliqués à différents pays, devront sans doute être remboursées aux entreprises. Le montant ainsi collecté se monterait à ce jour entre 175 et 200 milliards de dollars. Dans les travées de l’Organisation mondiale du commerce à Genève, on doit saluer ce qui s’apparente à une victoire du libre-échangisme.

L’arrêt de la Cour suprême remet sèchement à l’ordre une administration Trump qui s’affranchit de plus en plus des principes sous-tendant la démocratie. C’est un coup d’arrêt majeur à l’extension affolante du pouvoir présidentiel menée par l’occupant de la Maison-Blanche, qui ne cache plus ses penchants autoritaires. L’un des contrepoids au pouvoir exécutif a tenu. Pour la Cour suprême, où siègent pourtant trois juges nommés par Donald Trump, faire respecter la séparation des pouvoirs était une question de crédibilité. Elle redonne de fait au Congrès les prérogatives qui sont les siennes et que les républicains, majoritaires au Capitole, avaient abdiquées.

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Difficile de mesurer aujourd’hui l’impact global qu’aura la bombe lâchée par la Cour suprême. Sur le front économique, il va être particulièrement douloureux. La croissance américaine a fortement ralenti à la fin 2025 et les Etats-Unis ont désormais des balances commerciales déficitaires plus importantes aujourd’hui qu’avant l’imposition de taxes douanières. Deux facteurs qui sanctionnent la politique commerciale du président américain.

Pour nombre de pays affectés par la brutale guerre commerciale de Trump, les négociations en cours avec l’administration états-unienne risquent de s’interrompre. Pour la Suisse, qui est passée par tous les états d’âme en raison des taxes douanières prohibitives que Donald Trump lui avait imposées (31%, puis 39% avant de retomber à 15%), on peut se demander si le mandat de négociation du Conseil fédéral pour discuter des droits de douane avec Washington n’est pas soudainement caduc. Pour la Confédération, la fin du bras de fer commercial avec les Etats-Unis serait un vrai soulagement.

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