Tierno Monénembo : « Léon XIV a la gueule de l’apôtre »
Pour son premier grand voyage, le pape Léon XIV a choisi de visiter, durant onze jours, quatre pays d’Afrique. Après l’Algérie et le Cameroun, il est à partir de ce dimanche en Angola, avant de terminer son périple par la Guinée équatoriale. À 2 500 kilomètres de là, en Guinée, dans la ville de Conakry, vit un écrivain, grand témoin engagé contre les injustices, à l’œuvre éclectique, tissée d’histoires humaines ancrées dans plusieurs cultures.
Après avoir fui à pied son pays, alors sous la botte de Sékou Touré, à la fin des années 1960, s’être réfugié au Sénégal, puis en Côte d’Ivoire – son nom de naissance est Thierno Saïdou Diallo – Tierno Monénembo a longtemps vécu en France. Il y étudia (il a obtenu un doctorat en biochimie à l’université de Lyon), avant d’y enseigner, à Caen.
L’écrivain a été distingué par le prix Renaudot en 2008 pour son roman Le Roi de Kahel, publié aux éditions du Seuil, comme tous ses livres – treize au total, le dernier, Saharienne indigo, a paru en 2022. Nous avons échangé avec lui entre Paris et Conakry pour recueillir le jugement que l’écrivain, africain et musulman, pouvait avoir sur le périple de Léon l’Africain, ainsi que sur sa relation aux spiritualités. On n’a pas été déçu du voyage…
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Le Point : Que regard portez-vous sur le voyage du pape Léon XIV en Afrique ?
Tierno Monénembo : Un regard plein d’espoir. Le voyage du pape dans les pays du sud, notamment en Afrique, n’a pas qu’une incidence spirituelle. Elle a aussi une incidence politique et sociale que plus personne ne peut nier. Souvenez-vous ! Le pape Jean-Paul II........
