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Les incels, ou la fabrique d’un monstre

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04.03.2026

À chaque époque ses nouveaux mots, et à chaque émergence lexicale l’apparition, paraît-il, d’un phénomène de société. Il y a dans l’incel – le « célibataire involontaire » – comme les échos d’une saturation de l’imaginaire : de la frustration sexuelle, de la misogynie, d’obscurs forums et plein de jeunes hommes en colère. Le tout taille un bloc narratif parfaitement calibré pour les réseaux sociaux, plateaux télé, journaux, podcasts et les conversations des gens concernés par les funestes dérives du temps.

Le monde culturel, évidemment, y prend sa part. L’année écoulée aura vu la série Adolescence (Netflix) rafler tous les prix avant de nourrir une flopée de formations et autres programmes éducatifs de par le monde – dont en France – pour sensibiliser « nos enfants » et, surtout, leurs parents à la tempête à même de couver sous leur crâne – et éviter, espère-t-on, qu’elle n’en vienne à se déchaîner dans un passage à l’acte.

Reste que si l’on s’astreint à scruter les données objectives – exercice aussi ingrat que peu télégénique –, l’affolement a de quoi être tempéré. Une des premières études quantitatives sur le sujet, publiée début février........

© Le Point