menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Algérie : vaut-il mieux être égorgeur qu’écrivain ?

16 0
30.04.2026

Trois ans de prison ferme pour avoir écrit un roman sur une guerre effacée. Faut-il parler de soi sur cette affaire de trois ans de prison contre un roman ? Un peu, si peu. Car cela fait drôle de se réveiller à Paris, sous un ciel incendié de transparence, et de se souvenir qu’un régime politique entier, celui qui tient en otage un pays entier, a décidé de faire la guerre entière à une fiction, un roman, un seul. Trois ans de prison pour avoir enfreint la loi de réconciliation nationale (si mal nommée), qui, en Algérie, interdit d’évoquer la guerre civile de 1990-2000 et ses milliers de morts, la guerre honteuse comparée à celle de la décolonisation, à laquelle tous veulent participer, même (et surtout) ceux qui sont nés après. Trois ans de prison, des mandats d’arrêt, des diffamations d’« officines » pour avoir écrit une fiction.

Qu’en conclure pour ne pas rester dans la lamentation noble ? D’abord que c’est affaire de concurrence : un dictateur, c’est un écrivain raté. Ne pouvant vendre une fiction par le talent, il l’impose par la matraque. Ensuite, un fait : je suis condamné, en Algérie, pour un........

© Le Point