La petite bibliothèque du Postillon
C’est un petit essai qui aborde de grandes questions. On croyait nos émotions, comme nos comportements, contrôlés par les algorithmes, mais il n’en est rien, nous explique Eva Illouz. Nous assistons, selon elle, à une « émotionnalisation » inédite du techno-capitalisme : les affects sont devenus « une matière brute », libérée et non bridée. En somme, « les émotions deviennent une source de valeur » monétisable. Pour susciter ces affects, les plateformes numériques ont monté une « fabrique » de subterfuges destinés à titiller notre moi émotionnel : émojis, likes, influenceurs, gifs, stickers… Pour la sociologue, il s’agit d’un véritable « langage » qui promeut l’authenticité émotive contre la raison froide. L’engagement de l’usager engendre mimétisme et addiction, jusqu’à altérer le rapport au réel. « La réalité s’efface dans une représentation, le spectacle de l’authenticité émotive », poursuit Eva Illouz, inquiète de ce retour à l’être primaire, réduit à ses seuls affects. Saïd Mahrane
Le Futur des émotions. Comment la technologie et le capitalisme exploitent notre subjectivité, d’Eva Illouz (Gallimard, 128 p., 10 €).
Quand Les Bleus font l’Histoire
Les Tricolores entrent enfin dans l’Histoire, la grande. À l’occasion de la Coupe du monde 2026, François da Rocha Carneiro........
