« Remigration » : le concept qui fracture les nationalistes européens
En décembre 2025 le quotidien belge Le Soir et la RTBF désignaient comme « mot de l’année » le néologisme « Technofascisme », ordinairement associé aux idées politiques d’Elon Musk et de Peter Thiel. Dans l’univers des droites radicales et des extrêmes droites européennes, il est pourtant un autre terme qui gagne en popularité : « remigration ».
Il pourrait être le mot de la décennie, tant il marque une ligne de fracture grandissante entre les partis de ce camp qui conçoivent, une fois arrivés au pouvoir, de mettre en œuvre la préférence nationale en gardant sur leur sol les citoyens d’origine étrangère non-européenne et ceux qui s’y refusent, au nom de l’ethno-différentialisme.
À première vue, la « remigration » est l’inverse du flux entrant de population qu’a été et demeure l’immigration. On croit y voir une simple reformulation de l’idée d’inversion des flux migratoires que le Front national défendait dès les années 1990. En 1992, celui-ci imprimait une affiche dont le slogan était : « quand nous arriverons, ils partiront ». L’historienne Valérie Igounet a remarqué l’ambivalence des termes : « ils » pouvant désigner tant les socialistes alors au pouvoir que les immigrés.
Le « Grand remplacement » justifierait la « remigration »
Ensuite, quand le PS n’était plus aux manettes, de 1993 à 1997, le Front national de la Jeunesse utilisait un autocollant avec pour légende : « Lorsque nous arriverons, ils partiront ». L’illustration levait l’ambiguïté : elle montrait un gros avion de ligne décollant au soleil levant ou couchant. Aucun doute : le FN promettait des expulsions massives, une sorte de remigration avant la lettre.
Un tournant se produit en 2010 avec la publication par Renaud Camus de son livre, Le Grand Remplacement, qui décrit la substitution progressive du........
