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L’Europe s’est désarmée face aux dangers de l’IA

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14.09.2026

Le 12 septembre, Dario Amodei a demandé de ralentir la course à la « frontière de l’intelligence artificielle ». Le patron d’Anthropic, la maison mère de Claude AI, ne prétend pas que la machine a déjà échappé à l’homme. Il dit autre chose, plus gênant : depuis cet été, les systèmes d’IA jouent eux-mêmes un rôle croissant dans la conception et l’entraînement de leurs successeurs, accélérant un rythme que leurs auteurs peinent désormais à comprendre et à contrôler.

Dans la journée, Sam Altman (ChatGPT) et Elon Musk (Grok) lui donnent raison. Trois entreprises américaines se répondent entre elles, posent le diagnostic, esquissent les remèdes et occupent toute la scène. L’Europe ? Aux abonnés absents.

On lui trouve des excuses. Elle n’aurait pas les moyens d’entrer dans la conversation puisque Mistral, le champion européen, serait incapable de faire la course dans le peloton de tête. Mais la puissance ne se mesure pas seulement au nombre de modèles conçus. Face à cette accélération, l’Europe peut agir sur deux fronts : l’accès à son marché et l’accès aux équipements sans lesquels cette course est impossible. Elle possède donc deux leviers. Et elle s’est soigneusement employée à les neutraliser.

Une arme livrée sans munitions

Le premier s’appelle l’AI Act. On nous l’a vendu comme le règlement le plus sévère du monde avec des sanctions pouvant aller jusqu’à 7 % du chiffre d’affaires mondial. Or, le volet « sanctions » de l’IA Act est entré en application le 2 août. Dès le 1er septembre, la Commission européenne........

© Le Point