L’école, grande oubliée de l’élection présidentielle
Selon les derniers résultats Pisa, la France a perdu 31 points en dix ans en compréhension de l’écrit, avec une chute brutale ces deux dernières années. Et pendant ce temps-là, la triste bataille électorale qui s’engage se nourrit de promesses trompeuses (la dette qui s’efface par magie, l’autorité miraculeusement restaurée), elle se complaît dans la dénonciation de boucs émissaires (les migrants, les ultra-riches) et elle cache à peine son mépris pour un peuple soigneusement abêti par la capitulation de l’école.
Omniprésents dans les médias, les candidats n’ont pas un mot sur l’éducation, la culture et les valeurs qui s’y attachent. Et pourtant, l’école, depuis trop longtemps en friche, et la famille, souvent sans repères, ont pratiquement perdu la bataille contre l’abêtissement. Et certains, au sein même du conseil scientifique de l’éducation, s’obstinent à faire passer la rapidité d’un déchiffrage dépourvu de sens pour une assurance de compréhension.
Ont été ainsi offerts en sacrifice sur l’autel du Web, à de dangereux manipulateurs, les mots imprécis, les mémoires vides et le dégoût de soi d’une partie de notre jeunesse. Trop de responsables politiques – notamment aux extrêmes – ont renoncé à défendre les valeurs universelles qui font notre cohérence et leur ont préféré les apparences identitaires, filles de l’entre-soi.
Vulnérabilité intellectuelle
C’est donc en état de faiblesse d’esprit et de langue que les enfants de ce pays, année après année, affrontent un monde face auquel leur impuissance linguistique et leur vulnérabilité intellectuelle ne peuvent être que fatales. Un monde où ils ne peuvent opposer aucune résistance aux discours et aux textes de nature totalitaire et sectaire, portés par des réseaux sociaux frelatés. Faute de posséder les mots justes, faute de savoir les organiser, faute enfin de pouvoir articuler une argumentation logique Ils avalent avec délectation ce qui relève de l’amalgame, de l’illogisme et de la haine imbécile.
Ils se laissent berner par des démonstrations marquées au coin du contresens et sont convaincus par des arguments de pacotille. Ils se laissent avoir par des discours........
