Caillou en politique!
Je le dis souvent : on élève nos enfants comme la maman de Caillou.
Le p’tit criss ouvre un sac de farine et le vide au complet sur le tapis du salon ?
« Hon, Caillou, mon chenapan ! » dit-on en hochant la tête avec un sourire dans la voix.
Pas de punition, pas de conséquences.
Remarquez, c’est comme ça en politique.
Nos leaders sont aussi bonasses que la maman de Caillou quand un ministre, un haut fonctionnaire ou un cadre d’une société d’État commet une grosse bévue.
Prenez Henri-Paul Rousseau.
Lorsqu’il était patron de la Caisse de dépôt, au début des années 2000, cet homme a engrangé des pertes records de 40 milliards de dollars dans le bas de laine des Québécois.
Quarante milliards de nos économies envolés ! Pfffft !
Eh bien, non seulement monsieur Rousseau a-t-il empoché une prime de départ de 380 000 $ lorsqu’il a quitté ses fonctions pour aller travailler à Power Corporation, mais il y a deux ans, François Legault l’a nommé délégué général du Québec à Paris !
Pour services rendus à la nation québécoise !
« Monsieur Rousseau est un être complet », a dit la ministre Martine Biron lorsqu’elle a annoncé la nomination de l’ex-patron de la Caisse dans la Ville Lumière.
C’est-à-dire plein, bourré, saturé.
Contrairement à notre bas de laine, qui, lui, était très allégé quand monsieur Rousseau a sauté de l’avion en feu pour être accueilli à bras ouverts par les Desmarais.
C’est comme ça, dans les hautes sphères.
Pas de punition, pas de conséquence.
« Hon, Henri-Paul, mon petit gredin ! »
LA COQUINE ET LE FRIPON
Autre preuve que la mère de Caillou est un modèle pour nos leaders ?
Cette haute fonctionnaire était responsable du système de paye Phénix, un fiasco qui a foutu des milliers de fonctionnaires dans la chnoute et qui ferait passer le scandale de SAAQclic pour de la gnognotte.
Qu’est-il arrivé à madame Di Paola lorsque la merde a frappé le ventilateur ?
Elle a été nommée « conseillère spéciale » au ministère des Services publics et de l’Approvisionnement.
« Hon, Rosanna, ma p’tite coquine ! »
Denis Marsolais, ça vous dit quelque chose ?
Il était PDG de la SAAQ entre 2021 et 2023, au moment où le projet de « transformation numérique » entrait dans sa phase critique.
On lui a montré la porte... pour le nommer président de l’Office de la protection du consommateur !
Où il a été aussi dégommé quelques mois plus tard !
En novembre dernier, mon collègue du Journal Nicolas Lachance nous apprenait que ce « double congédié » continuait de recevoir son plein salaire par l’État québécois (253 942 $ par année) et qu’il conservait tous ses avantages sociaux (compte de dépenses mensuelles de 1573 $).
« Hon, Denis, mon petit fripon ! »
Des histoires comme ça, il y en a plein...
Et combien de ministres incompétents n’ont jamais été punis ?
L’EXEMPLE VIENT D’EN HAUT !
On nous dit, depuis quelque temps, que les parents ont aussi un rôle à jouer dans la lutte contre l’incivilité.
« C’est à vous d’apprendre à vos enfants de respecter les règles ! Vous devez être plus fermes ! Les enfants ont besoin d’encadrement, de limites ! »
Mais il faudrait peut-être que l’État montre le bon exemple, non ?
