Le dangereux pari guerrier de Trump
Samedi soir, Donald Trump a sommé les Iraniens de rouvrir dans les 48 heures le détroit d’Ormuz. Sinon, il menace d’ordonner à l’armée américaine de détruire toutes les installations énergétiques de l’Iran.
Dimanche matin, dans sa rage de déséquilibré mental, il expliquait que les démocrates étaient devenus les seconds ennemis des États-Unis, derrière l’Iran. Pas des adversaires. Des ennemis.
En réponse aux bravades de Trump, les autorités iraniennes ont menacé de détruire toutes les installations énergétiques des pays voisins.
L’armée iranienne a-t-elle les moyens de mettre ses menaces à exécution ? Jusqu’à présent, les frappes iraniennes ont eu des effets plutôt limités en comparaison de celles de l’alliance américano-israélienne.
Mais la défense des intérêts des alliés américains dans la région coûte très cher.
C’est la raison pour laquelle Trump exige du Congrès un financement militaire supplémentaire de 200 milliards de dollars.
C’est aussi la raison pour laquelle les démocrates sont devenus à ses yeux un ennemi des États-Unis, parce qu’ils s’opposent à la guerre en Iran telle que Trump la mène, c’est-à-dire sans objectif clair, mais avec une improvisation et une incompétence évidentes.
Quoi qu’il en soit, Trump prend un pari très risqué.
Conséquences incalculables
Si Trump détruit les installations pétrolières et gazières de l’Iran et qu’à son tour l’Iran détruit celles des pays voisins, le monde perdra environ 20 % de sa capacité de production d’hydrocarbures, pour longtemps.
Les conséquences d’une telle perte sur l’économie mondiale et sur la géopolitique sont incalculables.
Les pays producteurs dont les installations demeureraient intactes sortiraient gagnants d’une telle destruction.
La Russie, les États-Unis, le Venezuela et le Canada en profiteraient en premier lieu.
Les énergies vertes deviendraient encore plus compétitives.
Cependant, les pays pétroliers du Moyen-Orient risqueraient d’être fortement déstabilisés par la chute de leurs revenus en hydrocarbures. En Europe, l’industrie du luxe en pâtirait.
Plus qu’une récession, c’est probablement une dépression mondiale qui frapperait à divers degrés les économies de la planète.
Rien ne garantit non plus que la destruction des installations énergétiques iraniennes entraînerait la réouverture du détroit d’Ormuz.
Début de la campagne de mi-mandat
Par ailleurs, Trump ne veut pas que le Congrès lui dicte comment mener sa guerre, ce qui pourrait bien être le cas si les élus décident de lui accorder la rallonge financière qu’il réclame.
Les démocrates sont minoritaires dans les deux chambres, mais plusieurs républicains pourraient se joindre à eux pour restreindre les ambitions guerrières de Trump.
Comparer les démocrates aux Iraniens est un bon indicateur du type de campagne électorale que Trump entend mener pour gagner les élections de mi-mandat.
Trump ne se soucie pas de la démocratie. Ce qui est important pour lui est de demeurer au pouvoir.
Il ne se préoccupe pas non plus de l’économie mondiale. Ce qui compte est que lui et ses amis richissimes continuent à faire de l’argent.
