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Alexandre parmi nous

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18.03.2025

De tous les livres de Gabrielle Roy, Alexandre Chenevert est mon préféré. Je l’ai enseigné, sans jamais l’épuiser, ne sachant trop pourquoi j’étais si attaché à ce petit caissier montréalais qui « s’était découvert avec Gandhi une ressemblance : comme le Mahatma des Indes, il était maigre, presque décharné et, pensait Alexandre en secret, bon peut-être. » De tous ses personnages, c’était aussi celui dont Gabrielle Roy, avait-elle confié à François Ricard, se sentait le plus proche.

Je mets au défi quiconque n’est pas un spécialiste de géopolitique de lire les premières pages de ce roman et de ne pas s’identifier à Alexandre.

Nous sommes à la fin de la guerre, Alexandre n’arrive pas à dormir, envahi par des images insoutenables, des questions insolubles et des voix contradictoires. C’est que le monde est en train de changer, mais plus il change, plus c’est pareil. Alexandre avait appris à se méfier des Russes ; maintenant, il entend que les bolcheviks devenaient les « alliés des démocraties » […] « Or cette voix de la radio, à travers les années, paraissait la même à Alexandre, toujours souple, toujours persuasive, tellement convaincante : “Il faut se méfier des Soviets” “Nos alliés, les Russes…” Quand donc avait-elle dit vrai ? Maintenant, il était à prévoir que l’Amérique s’allierait un jour aux anciens ennemis allemands pour........

© Le Devoir