Un monde sépare le pragmatisme de la naïveté
Je me suis réveillé cette semaine et, comme par magie, l’ingérence chinoise dans la politique canadienne n’était plus qu’un mauvais rêve relégué au passé. Le rapport de la commission Hogue était bien classé, à sa place, sur une étagère. Et ce, sans même qu’on ait eu besoin d’instaurer un registre des agents étrangers au pays.
Dans ce monde-là, l’espionnage industriel et le vol de la recherche universitaire n’existaient plus. L’incident au laboratoire de haute sécurité de Winnipeg ? Je ne vois même pas de quoi vous parlez. Le bannissement de Huawei et l’interdiction aux universités canadiennes de nouer des partenariats de recherche avec la Chine ? Des hasards, sans aucun doute.
Pourquoi alors s’insurger contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui achète des drones chinois, mais ne veut pas utiliser ses 973 drones fabriqués en Chine ? Cela doit avoir quelque chose à voir avec le fait que la délégation canadienne du premier ministre Carney devra jeter son téléphone après sa visite en Chine, mais je n’en suis pas certain.
Dans ce monde aux contours redessinés, les menaces et l’intimidation visant la diaspora chinoise, exercées depuis des postes de police clandestins installés sur le sol canadien, seraient soudainement réglées. Les arrestations arbitraires et la diplomatie des otages — pensons seulement à l’emprisonnement des deux Michael (Kovrig et Spavor) — appartiendraient désormais au passé.
Évidemment, l’intimidation militaire dans le Pacifique et dans l’Arctique canadien, y........
