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L’IA et le poids du présent

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La semaine dernière, Jacob Coxon, chercheur en intelligence artificielle (IA), a démissionné d’Anthropic en accusant les entreprises du secteur de « jouer avec nos vies ».

Quelques jours plus tard, le grand patron d’Anthropic, Dario Amodei, ne s’est pas contenté de lui donner raison, il a lancé son propre avertissement. Selon Amodei, l’industrie doit ralentir le développement des modèles afin que les mesures de sécurité puissent suivre, faute de quoi l’autoamélioration de l’IA pourrait dépasser la capacité humaine de la comprendre et de la contrôler.

On peut juger ces prédictions excessives. Mais lorsque le dirigeant même de l’entreprise rejoint les démissionnaires pour réclamer un ralentissement, l’avertissement ne peut plus être réduit au malaise de quelques dissidents. Il révèle que ceux qui connaissent le mieux ces technologies doutent que l’industrie sache encore les maîtriser.

En mai 2023, le Canadien Geoffrey Hinton, lauréat du prix Nobel de physique, et des dizaines de spécialistes avaient placé le risque d’extinction lié à l’IA au même rang que les pandémies et la guerre nucléaire.

Depuis, capacités et avertissements se sont multipliés. Mais la réponse politique demeure la même : une annonce, une consultation, quelques engagements volontaires, puis le prochain enjeu chasse le précédent.

La réponse d’Ottawa en fournit la pièce à conviction. Questionné à leur sujet, le ministre fédéral de l’Intelligence artificielle, Evan Solomon, a reconnu que ces dernières mises en garde « ne sont pas nouvelles », puis a assuré que des solutions existent.

Mais sa réponse revient à noyer le poisson. Il a invoqué un projet de loi sur les renseignements personnels, une campagne de littératie........

© Le Devoir