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Ceci n’est pas un débat

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tuesday

Les participants auront été avertis : même et surtout lorsque votre adversaire parle, gérez votre « non-verbal». Ne regardez pas votre montre, vous auriez l’air de vous ennuyer (Bush en 1992). Ne soupirez pas, vous passeriez pour méprisant (Gore en 2000). Souriez, cela vous humanise, mais ne riez pas (Plante en 2021), et surtout pas de manière ironique (Le Pen en 2017). Ne vous appuyez pas sur votre podium (Couillard en 2014) et retenez-vous de faire de grands gestes lorsque vous citerez en guise de réponse une obscure locution latine (Landry en 2003). Puis, de grâce, évitez autant que possible de transpirer, en particulier si vous sortez d’un séjour de deux semaines à l’hôpital en raison d’une blessure infectée au genou gauche et que vous vous êtes appliqué un maquillage couvrant votre début de barbe tout juste avant d’entrer en ondes : il coulera et vous aurez l’air d’une statue du musée Grévin qui fond (Nixon devant Kennedy, en 1960).

Chez Cicéron, l’actio, cette « éloquence du corps », est un élément rhétorique important de toute prise de parole publique, à ne jamais négliger. Pour cause : un même argument peut en effet susciter des émotions très différentes selon la voix et le mouvement qui l’accompagnent. On peut tout de même se demander pourquoi plus que jamais, semble-t-il, nous accordons autant d’importance à ce genre de détails et surtout pourquoi nous guettons avec autant d’attention le faux pas. Qu’il soit verbal ou non. La grimace ou la gaffe, le lapsus ou le mot de trop, qu’on citera le lendemain comme le tournant décisif et qu’on repassera, décontextualisé, en boucle.

On pourrait aussi s’interroger, tant qu’à........

© Le Devoir