Jouer l’horloge de l’ACEUM, à rebours
La pugnacité commerciale du voisin allié est « insultante ». Son offensive économique, « irrespectueuse ». Ces assertions auraient été d’une évidence indiscutable, n’eussent-elles été prononcées par les autorités canadiennes, mais sont tombées tout au contraire dans l’ubuesque lorsque scandées par le secrétaire américain au Commerce cette semaine. Howard Lutnick s’évertuant depuis un an à dénigrer et à invectiver le Canada, nul ne s’émouvra, au nord du 45e parallèle, des larmoiements de cet arroseur arrosé.
Tout au sommet de la liste des remontrances de Donald Trump, dans cette guerre commerciale qu’il a lui-même déclenchée, vient de se hisser la suspension de la vente d’alcool américain dans la quasi-totalité des provinces canadiennes. Une riposte, au vu de l’indignation incongrue suscitée, manifestement bien envoyée. Une colère, bien que déplacée, qui se conçoit, le président et son entourage se faisant tenir tête pour une rare fois, ce qui ne leur sied visiblement pas.
Les Américains, insatiables dans leur protectionnisme irréfrénable, préfèrent au contraire dicter leurs conditions de révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), jusqu’à réclamer des concessions avant même d’accepter de s’asseoir à la table de négociation. Le premier ministre canadien, Mark Carney, a beau avoir minimisé cette........
