Éditorial | Dompter les mastodontes du Web une bouchée à la fois
Souhaiter que les adolescents délaissent volontairement les réseaux sociaux, devenus leur sphère relationnelle de prédilection, serait illusoire. Tout comme espérer que ces plateformes, qui carburent au profit, consentent à nettoyer leurs algorithmes addictifs pour le simple bien de leurs jeunes (et moins jeunes) utilisateurs. Le combat sociétal pour un espace numérique moins toxique paraît inatteignable. Mais à défaut de capituler tout simplement, le meilleur substitut — même imparfait — demeure de s’efforcer de contraindre à une urgente responsabilisation ces mastodontes du Web.
L’empoisonnement des jeunes cerveaux, dans lesquels les réseaux sociaux sèment au quotidien les graines de l’anxiété, de troubles de l’image ou de la dépression majeure, est regrettablement bien connu, au Canada comme ailleurs. Un far west où se déroule « le plus important essai clinique non réglementé sur le développement humain de l’histoire de la civilisation », exposait de manière saisissante une pédiatre de Toronto, aux côtés de ministres fédéraux, cette semaine.
En proposant d’interdire ces réseaux sociaux aux adolescents de moins de 16 ans (l’ouverture d’un compte y étant déjà proscrite avant l’âge de 13 ans), mais en prévoyant en contrepartie une exemption pour ceux qui sauront prouver qu’ils protégeront désormais ces jeunes abonnés........
