Éditorial - Langage déshumanisant et stéréotypes nuisibles | La haine est un virus résistant
On s’est rarement senti aussi peu d’atomes crochus avec le voisin états-unien. Reste que la frontière n’est pas étanche, spécialement dans les sphères poreuses du numérique, où la glissade revancharde de ce gouvernement MAGA (pour Make America Great Again), passé de chicanier à ouvertement guerrier, nous entraîne collectivement vers le bas.
Pensez aux Obama en singes. Pensez à Gaza transformée en station balnéaire ou à la communauté somalienne qualifiée de « déchets ». Pensez aux manifestants anti-ICE aspergés d’excréments ou encore à Deadpool et à Bob l’éponge appelés en renfort pour ludifier la guerre en Iran. Le bas est devenu si gros, si outrancier, au royaume trumpien, qu’on peine à le prendre au sérieux.
C’est une erreur. L’enflure n’est pas un masque à enfiler ou à retirer. C’est bel et bien le visage que tendent de plus en plus à prendre les États-Unis, souligne avec inquiétude le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD).
Dans un rapport spécial dévoilé la semaine dernière, les 18 experts indépendants sont formels : le « discours de haine raciste », le « langage déshumanisant » et les « stéréotypes nuisibles » sont en hausse aux États-Unis, y compris chez certains élus et haut placés, à commencer par le président lui-même. Leur virulence, conjuguée à un........
