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Rupture ou dangereuse illusion, le recul de l’aide publique au développement?

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15.04.2026

L’aide publique au développement (APD) est en train de subir un recul historique. En 2025, les pays donateurs de l’OCDE y auront retranché plus de 40 milliards de dollars américains, une chute de plus de 23 % en une seule année, selon les données préliminaires publiées récemment. Jamais, en plus de 60 ans, l’architecture de solidarité internationale n’a été ainsi fragilisée.

Ce basculement est souvent attribué à la disparition de l’agence américaine USAID. Ce serait se tromper de diagnostic. Ce n’est pas un accident isolé, mais un mouvement simultané : l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et la France concentrent à eux seuls l’essentiel de cette contraction. Le Canada suit la même trajectoire. Après un sommet d’environ 10 milliards $US en 2022, son effort sera réduit de près de la moitié d’ici la fin de la décennie.

Nous assistons à un recul collectif de la majorité des pays donateurs. Et pourtant, l’APD aura contribué à produire des résultats tangibles. En quelques décennies, l’extrême pauvreté mondiale est passée d’environ 40 % à près de 10 %. La scolarisation primaire s’est généralisée. La mortalité infantile a été réduite par un facteur de cinq. La faim chronique a reculé de façon spectaculaire. Ces gains ne sont ni abstraits ni anecdotiques : ils ont transformé des centaines de millions de vies.

À l’échelle historique, l’effort reste modeste. Depuis 1960,........

© Le Devoir