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À qui iront nos terres?

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03.03.2026

Au pays des bleuets, il y a 100 ans, Rose et Léon s’enfoncent au creux de la forêt dans le rang 8 à Saint-Nazaire vers de nouvelles terres à défricher. Un petit chemin est à peine ébauché à travers les souches. Rose est assise en avant de la charrette sur le coffre à outils de Léon, son bébé de 4 mois endormi sur ses genoux. Après 2 heures d’un trajet cahoteux, ils sont face à une petite cabane en bois rond, éclairée à la lampe à l’huile, c’est leur nouveau foyer.

Avec une petite sciotte et une hache, Léon commence à bûcher autour de leur logement, puis l’ambition le gagne et il se met à défricher avec encore plus d’entrain et encore plus loin. Il découvre une belle terre brune : « Ça, c’est mon avenir et celui de mes enfants. » Que de vaillance, de courage et d’amour pour y faire grandir 17 enfants !

Cette terre, il l’a libérée de ses roches, labourée, semée, fertilisée lorsqu’il le fallait. Cette terre, elle est pétrie de lui, mais, un jour, l’homme des grands espaces, de la belle liberté a dû la quitter. Il l’a transmise à son fils, qui l’a transmise à son fils, qui l’ont tour à tour modernisée, irriguée, rentabilisée. Gagnée à force de bras, elle s’allonge maintenant à perte de vue.

Cent ans plus tard, la question se pose : qui prendra la relève ? La terre est parfois si ingrate, si exigeante, les capitaux manquent pour les jeunes potentiellement intéressés. Va-t-elle se retrouver dans des bras étrangers ?

Léon disait : « Tant qu’on aura la terre, on aura la source de vie. La terre c’est la plus grande richesse d’un peuple. »… (Les porteurs d’espoir, Gisèle Larouche, éditions JCL)


© Le Devoir