Sur «l’inefficacité» de l’État
J’utilisais jeudi l’expression « penny-wise and pound-foolish » pour décrire la réticence des politiciens à s’attaquer maintenant à une crise climatique dont les coûts (financiers et humains) seront catastrophiques plus tard. Dans le même ordre d’idées, parlons aujourd’hui de cette autre idée à la mode dans cette campagne électorale provinciale, soit celle d’augmenter « l’efficacité de l’État » en effectuant des coupes.
Rappelons un exemple concret.
Au printemps 2025, la Coalition avenir Québec a procédé à d’importantes réductions dans les organismes communautaires qui offrent des services d’aide à l’emploi, le tout au nom de « l’efficacité de l’État ». Dans la logique gouvernementale, on voyait la diversité des services offerts, particulièrement dans la grande région de Montréal, comme une forme de « redondance ». On a cherché à « centraliser » l’offre de services dans quelques organismes en cessant le financement des autres, quitte à ce que l’expertise qui s’y trouve se perde.
Mais une femme immigrante qui cherche à obtenir un premier emploi est très différente d’une personne faiblement scolarisée au Québec qui revient sur le marché du travail, tout comme elle est différente d’un ex-enfant de la DPJ qui a besoin d’accompagnement au début de l’âge adulte.
Vue de Québec, toutefois, la fine expertise spécialisée du secteur était « inefficace ». Et vous me permettrez de noter : plus les décideurs, à Québec, viennent de milieux socialement privilégiés et homogènes, plus on sera porté à croire que l’aide à l’emploi se résume à aider des gens à refaire leur CV et moins on comprendra la valeur de ce qui se fait sur le terrain.
J’avais fait une tournée d’appels dans le........
