Chronique | Protéger les enfants… mais pas que
Ottawa a déposé son projet de loi qui bannirait l’accès aux réseaux sociaux aux enfants. Et déjà, avant même les premiers débats, le ton de certains interlocuteurs peut nous faire craindre qu’on avance en terrain glissant, et qu’il sera difficile de débattre calmement. Parce que, dès qu’il s’agit de la sécurité des enfants, les émotions passent de 0 à 100 en quelques secondes à peine. C’est normal. Mais c’est aussi un piège.
Parce que les réseaux sociaux sont un produit de consommation toxique. J’insiste sur le terme « produit de consommation », parce qu’on l’oublie souvent. Il y a, normalement, en santé publique, des organes de régulation qui empêchent des compagnies de vendre n’importe quoi sur le marché, du moment que leur produit est reconnu comme toxique. C’est le cas pour toutes sortes de pesticides et de produits destinés à l’alimentation. On a déjà eu de grands débats de société sur la réglementation de plusieurs médications, drogues et substances psychotropes, dont l’alcool et la cigarette.
Dans bien des cas, les produits toxiques peuvent avoir un effet plus grand sur des enfants dont le cerveau et le corps continuent de se développer. Mais si un poison a un impact plus grand sur les enfants, un poison reste un poison. Dans bien des cas, il n’est pas sécuritaire pour les adultes non plus. Ce n’est pas parce que l’alcool, par exemple, est interdit aux mineurs que l’alcoolisme ne demeure pas un problème de santé publique chez les adultes, et parfois même un catalyseur de violence intime entre eux. La société, en conséquence, encadre donc sa production et sa consommation de toutes sortes de manières — chez les adultes aussi.
C’est........
