Pour le Canada en Europe, après l’invitation, place maintenant à l’influence
Le sommet de la Communauté politique européenne (CPE), réunie lundi en Arménie, aura confirmé que le Canada a désormais sa place dans la conversation stratégique européenne. Reste à donner à cet engagement une direction, des moyens et une continuité.
Dans un monde où les puissances moyennes doivent multiplier leurs points d’appui, la présence d’Ottawa à ce forum traduit à la fois un repositionnement canadien en cours et la volonté européenne d’élargir le cercle de ses partenaires stratégiques.
Ni État européen ni candidat à l’Union européenne, le Canada trouve pourtant sa place dans cette instance. Le message est clair : désormais, la géographie compte moins que l’alignement politique et la capacité à agir avec d’autres.
Relancée sous cette forme en 2022 par Emmanuel Macron, dans le contexte de la guerre en Ukraine, la CPE fait écho à l’idée de « confédération européenne » proposée par François Mitterrand en 1989. Elle s’en distingue toutefois sur un point essentiel : la Russie en est exclue. Il ne s’agit plus de réunifier l’Europe, mais d’organiser la concertation politique d’un continent aux prises avec la guerre et une recomposition stratégique vraisemblablement durable.
Au-delà du symbole, ce sommet met surtout en lumière le défi qui attend Ottawa. Être invité, parfois courtisé, constitue un point de départ — mais ne répond pas à la question de la suite. Dans un environnement international plus dur, le Canada ne peut plus s’appuyer uniquement sur ses réflexes transatlantiques traditionnels. Face aux États-Unis, à la Chine et à la Russie, il ne pèse........
