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Quelle légitimité pour parler d’adoption internationale?

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16.07.2026

Le mois dernier, Le Journal de Montréal s’est penché sur les positions des partis politiques sur le moratoire de l’adoption internationale. L’article rapportait que le Parti québécois et la députée Marwah Rizqy reprochaient à la Coalition avenir Québec de « se traîner les pieds » en prolongeant la suspension depuis plus d’un an et demi. Pour soutenir l’idée qu’il est urgent de mettre fin au moratoire, l’histoire « touchante » d’un couple infertile qui, malgré plusieurs années d’attente, n’avait toujours pas pu réaliser son projet de devenir parent, était mise en avant. De son côté, le ministre Lionel Carmant mettait l’accent sur les risques de trafic d’enfants et sur la nécessité d’attendre le bilan actuellement mené par les fonctionnaires responsables devant paraître cet automne.

Qui parle pour qui ici ?

Si toutes ces positions semblent diverger, elles reposent pourtant sur un angle mort commun : l’absence totale, dans le débat public, des voix des personnes directement concernées par l’adoption internationale, soit les personnes adoptées et leurs premières familles.

Depuis le début des années 2000, des adoptés devenus adultes, de différents pays d’Europe et des États-Unis, critiquent la monopolisation d’une narration par des individus n’ayant pas vécu la situation et revendiquant une posture d’expert basée sur une prétention à l’objectivité et à la neutralité. Au Québec, cet arrière-plan épistémique continue d’entraver la prise de parole des premières personnes concernées et participe à la reproduction de conséquences dommageables à leur égard, tout en réduisant la valeur du savoir issu de leur expérience vécue.

Pourquoi le Québec accuse-t-il un tel........

© Le Devoir