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Idées | «Républicain», enfin un mot qui construit

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25.06.2026

Le Parti québécois promet, dans son livre bleu, qu’un Québec indépendant sera une république. Cela pourrait bien être le meilleur coup de marketing du mouvement depuis cinquante ans.

Il y a un exercice que tout publicitaire a fait cent fois. On inscrit au tableau tous les mots qui décrivent un produit, puis on les raye un à un jusqu’à celui qu’on pourra posséder. Pas le plus exact : le plus vendeur. Celui qui nomme ce que la marque deviendra, jamais ce qu’elle quitte. Les gourous du marketing Al Ries et Jack Trout en ont fait une bible, Positioning, dont la première règle tient en une phrase : une marque ne se bâtit pas sur une négation.

Refaisons l’exercice pour le projet indépendantiste. Trois mots au tableau : « séparatiste », « indépendantiste », « souverainiste ». Je les raye tous les trois.

Regardez-les bien. « Séparatiste » décrit une rupture, et le fait du point de vue de celui qu’on abandonne — c’est le mot de l’autre, jamais le sien. « Indépendantiste » a de la colonne, mais reste défini par le cordon qu’il tranche : indépendance de. Le « de » fait tout le travail, et le « de », c’est le Canada. Dès que le Canada entre dans la phrase, on plaide un divorce au lieu de fonder un pays.

« Souverainiste », lui, fut le coup de génie supposé. René........

© Le Devoir