Idées|Le mépris du ROC envers les «cow-boys» séparatistes Éric Blais
Commençons par ce qui ne devrait pas faire polémique. Si des membres d’un parti séparatiste albertain ont eu accès à une liste électorale qu’ils n’avaient aucun droit de consulter, et si des élus du United Conservative Party ont assisté à une réunion où la chose a été discutée sans rien faire, il s’agit d’une affaire grave. Une enquête doit être menée et les responsables doivent rendre des comptes. Aucune cause politique ne justifie un passe-droit en matière de conduite.
Cela dit, nous devrions également nous inquiéter de la manière dont le reste du Canada (le fameux rest of Canada, ou ROC) choisit de parler des personnes derrière le mouvement séparatiste albertain, lequel aurait maintenant recueilli assez de signatures pour déclencher une question référendaire.
Ouvrez presque n’importe quelle page d’opinion et vous risquez d’y trouver la même caricature : les séparatistes de l’Alberta présentés comme des hurluberlus chapeautés, des patriotes en camionnette, des hillbillies ressassant leurs griefs liés au secteur pétrolier. Des barbares aux portes de la Confédération. Le mépris n’est pas subtil, et il est devenu le registre par défaut.
C’est une erreur sur le fond, car c’est faux. Et c’est une erreur stratégique pour les fédéralistes, car le Québec observe.
Commençons par le fond. Des sondages récents d’Abacus et de Léger situent l’appui à l’indépendance........
