menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Et délivrez-nous de la banalisation du mal

18 0
12.09.2026

Juste à côté de l’obélisque qui marque la frontière, un panneau officiel gît, un peu souillé, menaçant de poursuites ceux qui s’aventureraient au-delà de la ligne sans autorisation. Apposé à même la pancarte à terre, tel un baroud d’honneur, il y a une série d’autocollants, dont un sur lequel figurent les mots d’une chanson de Carsie Blanton : « Ils disent que nous sommes ennemis, mais je sais que nous serons encore amis une fois l’empire déchu. »

À Stanstead, les visiteurs venus du Canada ne peuvent en effet plus suivre le trottoir et entrer, comme ils l’ont fait pendant plus de 100 ans, par la porte principale de la bibliothèque Haskell, côté états-unien. Il leur faut dorénavant emprunter une porte dérobée sur le côté canadien du bâtiment. Du perron de cette nouvelle entrée, le chaland peut voir, au-delà de la ligne, de grands drapeaux américains accrochés aux lampadaires municipaux. Mais un peu plus loin, en retrait, les maisons, aux États-Unis également, arborent des drapeaux canadiens et des pancartes « Elbows up » et « I stand with Canada ».

Un autocollant et deux pancartes représentent une bien mince résistance à la violence récurrente d’un homme qui mobilise la force de frappe d’un régime contre les siens autant que contre ses alliés, qui sape les fondements de la prospérité collective et de la sécurité nationale. Ce n’est là peut-être qu’une timide réponse à un président qui se met en scène, tour à tour en superhéros et en « goon » de patinoire, cultivant des délires de grandeur architecturale et géopolitique, pratiquant l’extorsion comme procédé transactionnel, et le mensonge pathologique au point de redéfinir les faits.

Pourtant, chaque acte de dénonciation, chaque........

© Le Devoir