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Égopolitique

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17.01.2026

L’homme aime le clinquant. Ce qui brille et fait du bruit. Les mises en scène dramatiques, la victoire. Il veut lever la coupe, la parader, pour la bazarder comme une poupée usée dans la foulée. Il collectionne les actes de soumission comme des trophées, se nourrit du sentiment de puissance comme un vampire d’Azara se repaît du sang d’un tapir. Il est rancunier — tout affront public sera retenu contre son auteur — et n’a certainement pas oublié le moment, en 2019, où la première ministre danoise a rejeté son projet d’acquisition du Groenland en le qualifiant « d’absurde ».

Mais voilà. Il tient les commandes du vaisseau amiral, les deux mains sur la console de l’Étoile de la mort. Et ce faisant, tout comme George Lucas décompose le cheminement d’Anakin pour comprendre l’avènement de Darth Vader, on peut se risquer à décrypter le processus décisionnel à l’œuvre pour trouver un cap dans la tourmente. Plus encore en politique étrangère, où les pouvoirs du président, de prime abord, offrent une plus grande latitude.

Il n’est pas seul, évidemment. Autour de lui plusieurs cercles concentriques créent une coque décisionnelle qui donne corps à ses idées fantasques.

Le premier cercle est celui des idéateurs, c’est le cœur de la force, artisans du Projet 2025, des idéologues que rien ne fera fléchir. Stephen Miller, Russell Vought, J.D. Vance. On leur doit l’expansion d’ICE, les tarifs, la fin du multilatéralisme, et, à terme, une mue (encore plus substantielle et à venir) de la société états-unienne.

Ensuite il y a les facilitateurs, les béni-oui-oui, ceux qui tiennent son porte-voix en s’assurant de mettre en œuvre la moindre de ses lubies. Par peur ou par opportunisme. Marco Rubio. Pete Hegseth. Mike Johnson.

Arrivent les profiteurs. Les oligarques autrefois chantres de la liberté « made........

© Le Devoir