La première ministre face à ses responsabilités
Les signataires, co-porte-paroles de la Coalition pour la dignité des aînés, demandent à Christine Fréchette d’enfin poser des choix structurants pour gérer le vieillissement et soutenir les personnes aînées.
Au lendemain de la formation du conseil des ministres et à l’aube d’une nouvelle campagne électorale, une réalité s’impose : le Québec vieillit plus vite que sa capacité à s’y adapter.
Malgré les engagements répétés du gouvernement actuel, les personnes aînées et leurs proches attendent toujours des gestes concrets. Le plan d’action issu de la politique nationale de soutien à domicile tarde à se concrétiser, alors que les besoins sont immédiats et en forte croissance. Au 31 mars 2026, 12 784 Québécois attendaient encore un premier service de soutien à domicile, soit l’équivalent de la population de Mont-Tremblant.
Lors de notre forum Innov’aînés, tenu à Québec le 21 avril 2026 et réunissant plus de 180 acteurs communautaires, publics, universitaires et politiques, un constat s’est imposé : il faut cesser de gérer le vieillissement à court terme et poser des choix structurants. De cette mobilisation découlent trois priorités.
D’abord, que le droit des personnes aînées aux soins de santé et aux services de maintien à domicile soit reconnu dans une loi-cadre. Sans assise légale, ce droit demeure fragile et tributaire des cycles politiques. Sa mise en œuvre exige un leadership gouvernemental, notamment par un comité ministériel dédié et une vigie renforcée des Tables régionales de concertation des aînés.
Ensuite, que le financement des soins et services de maintien à domicile soit rehaussé au même niveau que celui consacré à l’hébergement de longue durée, afin d’en faire une véritable alternative, soutenue par une enveloppe budgétaire suffisante et pérenne.
Enfin, que les mesures fiscales et financières destinées aux aînés et à leurs proches aidants soient simplifiées et bonifiées afin de mieux soutenir le maintien à domicile. Trop complexes et souvent méconnues, elles ne répondent pas adéquatement aux besoins sur le terrain. Les améliorer, c’est reconnaître concrètement le rôle essentiel des proches aidants, souvent à bout de souffle, et renforcer leur capacité à continuer d’accompagner leurs proches à domicile.
À ces priorités s’ajoutent d’autres recommandations, soit d’assurer une participation structurante des personnes aînées aux instances décisionnelles ; de placer la prévention au cœur des soins à domicile, en partenariat avec les milieux ; et de pérenniser les initiatives probantes qui favorisent le maintien à domicile.
Ces revendications reposent sur un large consensus et répondent à une attente sociale pressante. À l’approche des élections, elles constituent un test clair de la volonté des partis de faire face au vieillissement.
Le vieillissement de la population ne peut plus être relégué au second plan. Les aînés, leurs familles et l’ensemble de la population jugeront les engagements et leur mise en œuvre réelle.
Le temps des promesses est révolu. Celui des choix commence maintenant.
* Paul-René Roy, porte-parole de la Coalition pour la dignité des aînés, Pierre Lynch, porte-parole de la Coalition pour la dignité des aînés, Michel Gobeil, porte-parole de la Coalition pour la dignité des aînés, Solange Tremblay, porte-parole de la Coalition pour la dignité des aînés, Mireille Beaulac, porte-parole de la Coalition pour la dignité des aînés.
