Visons la médaille d’or du plaisir
La faible récolte canadienne de médailles aux Jeux olympiques est un problème secondaire, aux yeux de JD Miller et Richard Monette, pour qui l’objectif prioritaire est de donner aux enfants un bon départ... qui pourrait les mener un jour au podium.
On a beaucoup débattu sur notre performance aux Jeux olympiques d’hiver de 2026.
Mais une vérité fondamentale n’est pas abordée : une participation large et axée sur le développement est la condition de base de la performance de haut niveau. Dès la petite enfance, la participation doit poser trois fondations essentielles : le plaisir de bouger, le développement des habiletés motrices et la confiance dans le mouvement. Tous les enfants qui acquièrent ces bases ne deviendront pas des athlètes d’élite. Mais sans elles, aucun enfant n’atteindra le plus haut niveau.
Si nous n’agissons pas pour contrer la sédentarité endémique à l’ère numérique, le risque dépasse largement la seule baisse du nombre de médailles olympiques : c’est notre santé collective qui est en jeu.
Continuerons-nous à repousser le problème ou déciderons-nous enfin d’agir pour bâtir une société plus forte, plus active et plus libre ?
De nombreux pays ont mis en place des mesures pour donner aux enfants un bon départ, et ce n’est pas un secret : les politiques publiques sont le gouvernail. Au Canada, le défi réside dans la nécessité d’une collaboration entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux, puisque l’éducation et la santé relèvent de compétences hors d’Ottawa. Il nous faut dépasser cette complexité.
En Norvège, la politique nationale garantit à tous les enfants le droit de fréquenter un service de garde éducatif. Aujourd’hui, 94 % des enfants norvégiens sont inscrits à des programmes d’éducation de la petite enfance où l’apprentissage par le jeu, le jeu actif et le temps passé à l’extérieur font partie intégrante de l’horaire.
Chez les 6 à 12 ans (école primaire), 90 % des enfants participent à au moins une activité sportive axée sur le plaisir, la participation et le développement, plutôt que sur les classements et les pointages.
Résultat : davantage d’enfants restent engagés et actifs, ce qui élargit la base de participation avant que l’entonnoir ne se resserre vers la performance de haut niveau.
Lorsque les enfants grandissent en développant la confiance en leur corps et en s’habituant à jouer en plein air et à bouger avec les autres, ces comportements deviennent des habitudes. Les habitudes deviennent des valeurs : elles améliorent la santé et la productivité à long terme, tout en renforçant la résilience, la cohésion communautaire et la qualité de vie. Ce faisant, nous renforçons la vitalité à long terme de la société.
