Plus de cinquante ans après l’obtention, pardon, l’arrachement du droit de vote par les femmes en Europe, Touhfat Mouhtare retrouve encore dans ses conversations avec ses amies devenues mères cette phrase lourde de sens : « Je jongle comme je peux. »
Être mère et s’accomplir : le péché originel
Dans les cultures bédouines qui ont irrigué la mienne, un enfant ne porte pas de patronyme. Son prénom est accolé à celui de son père, qui l’est à celui du sien, et ainsi de suite jusqu’à la genèse de la filiation. Lorsqu’une femme enfante ou adopte un enfant, en revanche, son prénom disparaît : on l’appelle « mère de », suivi du prénom de son aînée, mère de se traduisant........
