Pourquoi la chasse aux météorites passionne toujours autant les foules ?
Lancé voici dix ans, le programme de sciences participatives « Vigie-Ciel/Fripon » a atteint sa pleine maturité. L’objectif : capter la lumière des météores pénétrant dans l’atmosphère de la Terre. Et aller les récupérer !
Détecter l’entrée d’un astéroïde dans l’atmosphère. Déterminer la trajectoire du bolide et son éventuel point de chute… Et aller récupérer les fragments. Telle est, depuis une décennie, la feuille de route du projet « Vigie-Ciel/Fripon ». Ce programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) s’efforce d’impliquer le public dans des recherches de premier plan sur les météorites. Les 11 et 12 juin, il présentait, lors d’un colloque organisé à Paris, un bilan étonnamment positif de ses activités.
Faire bénéficier la science de la ressource sous-exploitée que sont les météorites. L’idée n’est pas nouvelle. En théorie, ces roches extraterrestres seraient à même de fournir autant d’informations sur les astres qu’une mission spatiale de collecte d’échantillons. Et cela à coût réduit et avec infiniment moins de risque d’échec. Malheureusement, rares sont les situations où ces fragments provenant d’astéroïdes ou de la surface de Mars ou de la Lune sont récoltés assez vite pour leur éviter d’être contaminés ou modifiés par un séjour sur Terre. « En France, ce n’est arrivé que 45 fois au XIXe siècle et à peine 9 fois au XXe siècle », confirme Brigitte Zanda, maître de conférences au MNHN.
À cela s’ajoute la difficulté de relier le matériel retrouvé au sol à un bolide aperçu dans le ciel et à un corps céleste observé dans l’espace. Résultat, poursuit la chercheuse : « À de rares exceptions près, on ne savait pas jusqu’à récemment associer une météorite glanée sur Terre à une famille d’astéroïdes. »
Fripon prétendait apporter la solution. Lancé en 2014 par l’Observatoire de Paris, le MNHN, l’université Paris-Saclay et l’Institut Pythéas, ce projet de l’Agence nationale de la recherche a consisté à doter la France d’un des réseaux de détection des bolides et des boules de feu les plus denses et les plus étendus du monde. « Fait d’une centaine de caméras réparties sur le territoire auxquelles s’en ajoutent 150 autres installées dans les pays voisins, ce dispositif surveille 24 heures/24 la voûte céleste en vue de détecter et de suivre, parfois sur des centaines de kilomètres, la traînée brillante créée à 100 kilomètres d’altitude par la pénétration d’un météore dans les hautes couches de l’atmosphère », explique François Colas, directeur de recherche CNRS à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE). Grâce à ces images, les astronomes peuvent reconstituer l’orbite parcourue par l’objet avant sa rencontre avec la Terre et remonter jusqu’à sa région d’origine, dans © L'Humanité
