Conquête spatiale : MMX, premier engin à percer le secret des lunes martiennes ?
Quelle est l’origine des deux satellites de Mars ? Après qu’une sonde a livré en mars des images inédites de Deimos et observé de loin Phobos, une mission spatiale japonaise impliquant la France va tenter, en octobre 2026, de résoudre ce mystère. Objectif de MMX : être la première à ramener des échantillons du système martien.
Elle n’avait encore jamais été vue sous cet angle. Deimos, une lune de Mars, a enfin dévoilé l’aspect de sa face cachée. Le 12 mars, la sonde Hera de l’Agence spatiale européenne (ESA) en a réalisé des images inédites qui ont ravi l’équipe de la future mission japonaise MMX. Impliquant de nombreux scientifiques français, celle-ci va aller explorer, en octobre 2026, Deimos et Phobos, les deux satellites naturels de la planète rouge. Avec un objectif : être le premier vaisseau de l’Histoire à ramener des échantillons du système martien !
L’origine de Deimos et de Phobos est une vieille énigme de l’astronomie. « Les orbites quasi circulaires et faiblement inclinées de ces petites lunes de quelques dizaines de kilomètres de diamètre plaident pour des astres créés – tout comme la Lune de la Terre – à la suite de l’impact d’un énorme objet avec la planète rouge, explique Patrick Michel, directeur de recherche CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur. Mais leurs signatures spectrales et leurs formes les rapprocheraient plutôt des astéroïdes primitifs de la ‘‘ceinture principale” située au-delà de Mars. Deux objets de ce type ont très bien pu être capturés par cette dernière puis satellisés à une époque où ces corps étaient nombreux à circuler dans cette région de l’espace. »
MMX, une mission de l’agence spatiale japonaise, la Jaxa, à laquelle participent pour la France et l’Allemagne le Cnes et le DLR, prétend trancher cette polémique. Son but : préciser les étapes de la formation du Système solaire. Composés de roches et de glaces, les astéroïdes sont connus pour avoir massivement bombardé la Terre à un moment de son histoire. Ils pourraient avoir apporté l’eau des océans.
Pour espérer trouver des réponses, l’équipe a imaginé un voyage plein de rebondissements. Une fois arrivée dans le système martien, en août 2027, la sonde survolera Deimos puis décrira une série d’« orbites quasi satellitaires » qui la fera tourner autour de Phobos à différentes altitudes. De là, elle scrutera la surface de la Lune durant plusieurs mois en vue d’y repérer grâce à ses sept instruments (dont l’un, le spectromètre-imageur Mirs, a été conçu par la France) des sites d’atterrissage.
Les Russes Ryjikov et Zoubritski, et l’Américain Kim sont en route vers la station spatiale internationale
Enfin, elle s’en approchera. D’abord pour y larguer un petit véhicule roulant franco-allemand baptisé « Idefix » et ensuite pour s’y poser par........
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