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« Nous allons les ramener à l’âge de pierre » : sans objectifs clairs et embourbé dans la guerre en Iran, Donald Trump s’affiche en conquérant

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02.04.2026

Lors d’une allocution à la Maison Blanche, mercredi 1er avril, Donald Trump a multiplié les contresens afin de justifier la guerre déclenchée en Iran avec Israël. S’il n’a pas annoncé de date précise pour la fin du conflit, l’élu républicain s’est félicité d’avoir « anéanti » Téhéran, tout en les menaçant de « les frapper avec une force considérable ».

Il lui aura fallu 19 minutes pour démontrer tout le paradoxe que représente sa guerre illégale, déclenchée avec Israël en Iran et au Liban. Selon Donald Trump, tous les objectifs indéfinis d’une stratégie modifiée de jour en jour ont été accomplis. Dans le monde de l’ex-magnat de l’immobilier, Téhéran est à la fois « vaincue », « anéantie » et « complètement décimée ». C’est ce qui ressort de son allocution en prime time, mercredi 1er avril, plus d’un mois après le lancement du conflit.

Le discours du président des États-Unis relevait ainsi d’un service après-vente d’une guerre rejetée par sa propre population et dont les retombées restent imprévisibles. « Nous sommes en bonne voie d’atteindre tous les objectifs militaires américains très prochainement », a affirmé le locataire de la Maison Blanche, avant d’annoncer quelques secondes plus tard : « Nous allons les frapper avec une force considérable. Dans les deux à trois semaines qui viennent, nous allons les ramener à l’âge de pierre, là où est leur place. » Puis de conclure : « Les discussions se poursuivent. »

« Le nouveau groupe est moins radical »

« Notre objectif n’était pas un changement de régime », a-t-il ensuite lâché, alors même qu’il s’en est félicité quelques jours plus tôt, dans un entretien à l’agence Reuters, et qu’il s’est de nouveau attribué le mérite d’avoir éradiqué « leurs dirigeants d’origine… tous morts », lors de son allocution. Dès les premières minutes de son discours, Donald Trump s’était vanté du succès de l’enlèvement – illégal – du président vénézuélien, Nicolas Maduro. « Selon ses conseillers, Trump considère cette opération comme un modèle pour ce qu’il souhaite accomplir en Iran », annonce le New York Times.

Donald Trump a ensuite estimé que « le nouveau groupe est moins radical et beaucoup plus raisonnable ». Mais aucune mention de la proposition de cessez-le-feu en quinze points transmise à l’Iran n’a été réalisée. De même sur la réponse du pouvoir iranien, qui affirme qu’aucun dialogue direct n’a été lancé entre les deux parties.

Guerre en Iran : enlisé au Moyen-Orient, Donald Trump menace les Européens

Pour les capacités militaires de Téhéran, le président des États-Unis affirme qu’elles ont été « considérablement réduites », tandis que « leurs usines d’armement et leurs lancements de fusées (sont) en train d’être anéantis ». L’Iran continue pourtant de tirer des missiles à travers la région et de bloquer le détroit d’Ormuz.

Donald Trump a ensuite repris sa rhétorique consistant à affirmer que « les États-Unis n’ont pas besoin » du pétrole transitant par le détroit situé au large des côtes sud de l’Iran. Quelques heures plus tôt, sur son réseau Truth Social, l’élu républicain s’en était pris aux membres de l’Otan, ses alliés en Asie de l’Est (Corée du Sud et Japon) et à la Chine : « Vous allez devoir apprendre à vous défendre vous-mêmes, les États-Unis ne seront plus là pour vous, de la même manière que vous n’avez pas été là pour nous (…) Allez chercher votre propre pétrole ! »

Plusieurs milliers de soldats dépêchés

Si les États-Unis importent peu de pétrole du Golfe, les conséquences matérielles du blocage se font déjà ressentir avec une flambée des prix du carburant. Sur ce point, l’ex-magnat de l’immobilier s’est contenté d’annoncer des difficultés « de courte durée », tandis que les prix du gallon d’essence – dont le tarif moyen a dépassé les 4 dollars – « baisseraient rapidement » une fois la guerre conclue.

Encore faut-il que Donald Trump ait une idée sur l’issue du conflit. S’il s’est affiché en dirigeant conquérant et satisfait lors de son discours, la Maison Blanche n’a toujours pas annoncé de temporalité pour une sortie de la guerre. Surtout, plusieurs milliers de soldats ont été dépêchés ces dernières semaines au Moyen-Orient, en complément des 40 000 militaires déjà stationnés dans la région. De quoi laisser présager une possible opération terrestre, dont la cible pourrait être l’uranium hautement enrichi stocké sur le site nucléaire iranien d’Ispahan ou l’île de Kharg.

Alors qu’il répète que la guerre illégale ne durera que « deux, peut-être trois semaines », Donald Trump s’est risqué à une comparaison avec la Première Guerre mondiale, où l’implication des États-Unis a duré « un an, sept mois et cinq jours », et avec la guerre déclenchée au Vietnam avait, qui « a duré 19 ans, cinq mois et 29 jours », pour rassurer ses électeurs. Drôle de manière d’offrir des « perspectives ».

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