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Les écrans, une option « faute de mieux » des parents pour occuper leurs enfants

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16.02.2026

Le baromètre Ifop pour la Fondation pour l’enfance a été publié ce lundi 16 février. Selon ce rapport, 87 % des enfants de 8 à 15 ans sont aujourd’hui connectés.

Avant, il suffisait d’allumer le bouton de la télé. Aujourd’hui, c’est celui de l’ordinateur. Et miracle : le rejeton dont on ne savait pas quoi faire s’assied, les yeux rivés sur l’écran. Ils sont 71 % des parents d’enfants âgés de 8 à 15 ans à avouer proposer « souvent ou de temps en temps » une tablette ou un jeu vidéo pour les occuper, en l’absence d’autres activités disponibles.

Ils sont aussi 66 % de parents, quand ils sont occupés à des tâches domestiques ou en télétravail, à privilégier cette option pour distraire leurs enfants. C’est ce qui ressort du tout dernier baromètre Ifop réalisé pour la Fondation pour l’enfance, dévoilé lundi 16 février. Un parent sur trois reconnaît que ses enfants ont une télévision dans leur chambre, et près d’un sur quatre qu’ils possèdent une montre connectée.

L’écran s’invite aussi dans les temps morts. 61 % des parents l’autorisent dans les transports, les restaurants, les salles d’attente. Plus de la moitié (57 %) cède à « la demande insistante » de leur enfant et 49 % l’utilisent pour « faire patienter, voire calmer ses émotions » en public. Les enfants, eux, déclarent être sur les écrans parce qu’ils s’ennuient (55 %).

2 enfants sur 10 consultent les écrans au réveil

Bonne nouvelle malgré tout : la quasi-intégralité des parents (94 %) dit avoir fixé « au moins une règle » sur les usages du numérique, qui va du moment d’utilisation aux contenus regardés, notamment via des outils de contrôle parental, en passant par la durée d’utilisation.

74 % interdisent à leur enfant d’utiliser son écran seul. Mais ils sont encore une large majorité, 9 sur 10, à autoriser les écrans le week-end ou pendant les vacances. Et 2 enfants sur 10 consultent un écran dès le réveil ou au petit-déjeuner. Près d’un tiers des enfants le regarde juste avant de se coucher, ce qui va à l’encontre des recommandations du haut Conseil de la santé publique.

Impact des écrans : « Les enfants ont besoin de notre attention pour grandir », analyse Serge Tisseron

Il faut dire qu’aujourd’hui 87 % des enfants de cette tranche d’âge possèdent un smartphone, une tablette ou un ordinateur. Et depuis dix ans, chez les adolescents, le temps devant les écrans est passé de 4 h 20 à 5 h 10 par jour en moyenne, selon un sondage Ipsos de 2022.

Irritabilité, troubles du sommeil et de l’attention…

Le même baromètre de la Fondation pour l’enfance expliquait, en janvier 2025, que 63 % des parents interrogés constataient que les écrans avaient « des effets négatifs » sur leurs enfants. Parmi eux, l’irritabilité, les troubles du sommeil et de l’attention.

Les principaux concernés ne contredisent pas leurs parents. En 2023, selon l’Insee, 57 % des internautes de moins de 20 ans déclaraient au moins un effet néfaste lié à l’usage des écrans dans la vie courante. La publication de la dernière enquête de la Fondation survient en plein débat sur la place des écrans et l’impact de leur utilisation sur les enfants et adolescents.

Impact des écrans : « Les enfants ont besoin de notre attention pour grandir », analyse Serge Tisseron

Le gouvernement souhaite notamment interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée scolaire de septembre. L’interdiction est-elle une réponse suffisante ? La réponse est sans doute bien plus complexe que la mesure le laisse entendre.

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