Équateur : Daniel Noboa, roi de la narcobanane ?
Le président Donald Trump assure être en guerre contre le trafic de drogue en Amérique latine. Pourtant, ses liens privilégiés avec son homologue équatorien, Daniel Noboa, éclaboussé par des affaires de trafic de cocaïne, trahissent la duplicité d’une stratégie qui a pour objectif de renforcer l’hégémonie régionale de Washington.
Côté pile, il y a les grands discours. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, le président Donald Trump a érigé en priorité stratégique la lutte contre le narcotrafic. Un an plus tard, le Pentagone confirmait dans un document déclassifié que la bataille contre ce fléau était érigée au rang d’« axe majeur » de la défense de la première puissance mondiale, justifiant ainsi des actions militaires unilatérales dans « son » continent contre certains cartels et gangs latino-américains, désormais désignés comme « narcoterroristes ». Quitte à piétiner au passage toutes les lignes juridiques en matière d’équilibre des pouvoirs, l’administration trumpiste estime que les États-Unis sont légalement « engagés dans un conflit armé non international » avec ces organisations. En guerre, donc, contre les substances illicites, leurs trafiquants et les gouvernements qui les soutiendraient. Enfin, pas vraiment tous…
Car, côté face, il y a les faits. Avec un Donald Trump décidé à remettre au goût du jour une doctrine Monroe autorisant toutes les ingérences en Amérique latine, « la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé servent de prétexte pour réaffirmer l’hégémonie des États-Unis », expliquait il y a peu, à « l’Humanité», Marie Nougier, du Consortium international sur les politiques des drogues. La guerre contre la drogue : cheval de Troie du retour à un impérialisme sous stéroïdes ? C’est bien ce grossier subterfuge qui a été employé pour faire tomber Nicolas Maduro, le 3 janvier dernier. Des mois durant, le président vénézuélien avait été accusé d’être le leader d’un cartel en réalité inventé de toutes pièces, et même de diriger « un narco-État ». C’est aussi le dossier de la lutte contre la drogue qui sert à Donald Trump pour maintenir une pression diplomatique sur les dirigeants du Mexique et de la Colombie, les progressistes Claudia Sheinbaum et Gustavo Petro,...
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