Pogacar laisse la gloire à Arensman
Dans la 14e étape, entre Pau et Luchon-Superbagnères (182,6 km), victoire du Néerlandais Thymen Arensman (Ineos), qui a résisté au duo Pogacar-Vingegaard. À l’agonie, le Belge Remco Evenepoel a abandonné au début du Tourmalet.
Sur les routes du Tour, envoyé spécial.
Acte I, scène I. Changement de climat, sous un ciel si bas que quelque chose dans l’air électrisait les âmes les plus courageuses. Un spectre de feuilleton pour passionnés, quand se propageaient, tout là-haut déjà, des ondes de souffrances et de vibrations sur des corps élaborés. Nos héros vivants de juillet, impassibles ou contraints, volontaires ou désabusés, découvrirent à l’horizon que l’hostilité des Pyrénées se masquaient derrière des nuages ourlés de plomb, en cette 14e étape, entre Pau et Luchon-Superbagnères (182,6 km). L’ultime bataille chez la déesse Pyrène, par quelques géants telluriques et légendaires, le Tourmalet (HC), les cols d’Aspin (2e cat.) et de Peyresourde (1re cat.), avant la montée finale au-dessus de Luchon (HC).
Quatre cimes de prestige à franchir, de quoi creuser des écarts encore gigantesques, soit par la domination active de l’ogre Tadej Pogacar, soit par la fameuse « sélection naturelle », que nous nommerons l’écrasement par le vide. Les circonstances de course ne nous laissèrent d’ailleurs rien présager de bon. Jusqu’au sprint intermédiaire (km 70), remporté par le maillot vert Jonathan Milan, personne ne parvint à prendre la bonne échappée, malgré une belle partie de manivelle durant près de deux heures. Du coup, les UAE du maillot jaune contrôlèrent la tête du peloton dès les premières rampes du Tourmalet (19 km à 7,4 %). À un rythme à peine soutenu. Et pourtant.
Acte I, scène II. Avant même les attaques de quelques ascensionnistes courageux (parmi lesquels O’Connor, Arensman, Rubio, Martinez, etc.), une image saisissante s’imposa à nous. Les difficultés venaient à peine de débuter dans les lacets du Tourmalet, et Remco Evenepoel passa d’une lente agonie, entrevue la veille dans le chrono, à une accélération définitive du processus d’autodestruction physique et mentale. L’imparable défaillance du Belge ne nous étonna guère, lui-même répétant depuis trois jours qu’il n’était pas au mieux et qu’il ne savait pas en quoi consisterait la suite de son........
© L'Humanité
