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« Respirer l’air d’un incendie, c’est comme être derrière un pot d’échappement » : l’impact sur la pollution de l’air décrypté par deux chercheurs

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08.08.2025

L’incendie dévastateur de l’Aude qui poursuit sa progression et les nouveaux départements placés en alerte orange nous le rappellent violemment : dans un contexte de dérèglement climatique, la répétition des canicules risque d’aggraver les pics de pollution… non sans conséquence sur la santé. Explications avec Gilles Foret et Matthias Beekmann, deux chercheurs du Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques.

La France suffoque chaque été un peu plus. Ce jeudi 7 août, 11 nouveaux départements ont été placés en alerte orange canicule alors qu’un incendie spectaculaire ravage l’Aude depuis trois jours.

En cause : des vagues de chaleur appelées à s’intensifier avec le dérèglement climatique. Ces épisodes caniculaires soulèvent une autre inquiétude, moins visible mais tout aussi préoccupante : la pollution atmosphérique, notamment les pics d’ozone qui se concentrent en période estivale.

Quelle est l’ampleur du phénomène ? Quels sont ses origines et ses impacts sur la santé ? Quelles solutions pour y remédier ? Éléments de réponse avec Gilles Foret et Matthias Beekmann, chercheurs au Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA) à l’université Paris Est Créteil.

Quel état des lieux dressez-vous de la qualité de l’air en France ?

Gilles Foret : Quand on parle de qualité de l’air, on parle de polluants – gaz ou particules – qui ont un impact direct sur la santé. En France, leurs valeurs moyennes ont presque toutes chuté en 30 ans, sauf pour l’ozone. C’est le résultat de mesures françaises et européennes pour rendre voitures et industries plus propres. Mais une part de notre industrie a été délocalisée en Asie et ailleurs, déplaçant le problème.

Matthias Beekmann : La gravité de la pollution de l’air s’évalue selon des seuils fixés pour les principaux polluants – particules fines, ozone, oxydes d’azote. Ces seuils ne sont toujours pas respectés pour les oxydes d’azote et les particules fines. Or ces dépassements ont un impact sanitaire : environ 40 000 morts........

© L'Humanité