L’Europe dans le piège des accords de libre-échange
Faute d’avoir pris la mesure du basculement du système multilatéral, l’Union européenne s’apprête à signer l’accord commercial avec le Mercosur. Et continue d’en négocier d’autres, en naviguant à vue.
Le compte à rebours final semble être enclenché concernant l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). La Commission européenne pourrait signer le texte lundi 12 janvier au Paraguay, après que les ambassadeurs de l’UE aient donné leur feu vert à l’accord. Alors que la France, la Pologne, l’Irlande, la Hongrie et l’Autriche s’opposent toujours priori à cet accord, qui attise la colère du monde agricole, l’Italie, elle, a finalement changé son fusil d’épaule après que la Commission a annoncé une possibilité de déblocage anticipé de 45 milliards d’euros du budget de la politique agricole commune (PAC). Mais pourquoi l’Union européenne tient-elle tant à signer de nouveaux accords de libre-échange ?
Le compte à rebours final semble être enclenché concernant l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). La Commission européenne pourrait signer le texte lundi 12 janvier au Paraguay, après que les ambassadeurs de l’UE ont donné ce jour leur feu vert à l’accord.
Alors que la France, la Pologne, l’Irlande, la Hongrie et l’Autriche s’opposent toujours priori à cet accord, qui attise la colère du monde agricole, l’Italie, elle, a finalement changé son fusil d’épaule après que la Commission a annoncé une possibilité de déblocage anticipé de 45 milliards d’euros du budget de la politique agricole commune (PAC). Mais pourquoi l’Union européenne tient-elle tant à signer de nouveaux accords de libre-échange ?
Outre celui avec le Mercosur, qui cristallise les tensions, d’autres ont récemment été finalisés, comme celui avec le Mexique ou celui avec l’Indonésie annoncé le 25 septembre. Un accord politique avec les Etats-Unis a également été signé en juillet sous la menace des droits de douane de Donald Trump. Et les négociations se poursuivent avec l’Inde, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande, les Emirats arabes unis et l’Australie.
La libéralisation des échanges est constitutive de l’Union européenne. Elle fait partie de son ADN depuis le Traité de Rome de 1957. L’ouverture des marchés visait alors à prévenir les conflits interétatiques en rendant les économies interdépendantes, à stimuler la croissance par les économies d’échelle des entreprises et à offrir aux consommateurs un large éventail de produits à prix compétitifs.
Depuis les années 1990, la libéralisation des échanges a été promue au niveau mondial comme un instrument de coopération internationale et de développement durable, idée qui figure en préambule de l’accord de Marrakech (1994) établissant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans le cadre du plan d’action « Agenda 21 » issu du sommet de la Terre de Rio de Janeiro de 1992, la thèse d’un soutien mutuel entre la promotion du commerce et la protection du climat et de l’environnement a ainsi été mise en avant.
Après l’échec du cycle de négociations de Doha à l’OMC, qui devait durer trois ans et traiter les questions commerciales sous l’angle du développement© Alternatives Économiques
