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Vote de confiance de François Bayrou : cinq mesures pour un enterrement ?

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26.08.2025

François Bayrou va engager la confiance du gouvernement, le 8 septembre, au sujet du budget austéritaire qu’il souhaite pour 2026. L’occasion de revenir sur les cinq mesures qui auront contribué à sa probable chute.

Le 15 juillet dernier, lors de son allocution télévisée pour présenter son plan d’économies de 44 milliards d’euros en vue du prochain budget de l’automne, François Bayrou avait choisi un slogan étalé en toutes lettres : « le moment de vérité ». Dans la même veine, le Premier ministre a enfoncé le clou le 25 août pour sa conférence de presse de rentrée : « Nous sommes face à un moment de clarification, préoccupant et décisif. »

Ce moment de vérité concerne aussi l’avenir du locataire de Matignon. Une issue qu’il a lui-même fixée au 8 septembre. Deux jours avant le mouvement « bloquons tout », François Bayrou a décidé de convoquer le Parlement et d’engager, via le 49-1, la confiance de son gouvernement sur la base d’un discours de politique générale qu’il prononcera ce jour-là.

Se dépeignant hier encore comme l’un des rares hommes politiques à prêcher dans le désert contre le danger d’« un monde écrasé par la dette qu’on ne peut pas laisser à nos enfants », le Premier ministre a averti : en l’absence de toute politique correctrice, la dette croîtra de 66 milliards...

Le 15 juillet dernier, lors de son allocution télévisée pour présenter son plan d’économies de 44 milliards d’euros en vue du prochain budget de l’automne, François Bayrou avait choisi un slogan étalé en toutes lettres : « le moment de vérité ». Dans la même veine, le Premier ministre a enfoncé le clou le 25 août pour sa conférence de presse de rentrée : « Nous sommes face à un moment de clarification, préoccupant et décisif. »

Ce moment de vérité concerne aussi l’avenir du locataire de Matignon. Une issue qu’il a lui-même fixée au 8 septembre. Deux jours avant le mouvement « bloquons tout », François Bayrou a décidé de convoquer le Parlement et d’engager, via le 49-1, la confiance de son gouvernement sur la base d’un discours de politique générale qu’il prononcera ce jour-là.

Se dépeignant hier encore comme l’un des rares hommes politiques à prêcher dans le désert contre le danger d’« un monde écrasé par la dette qu’on ne peut pas laisser à nos enfants », le Premier ministre a averti : en l’absence de toute politique correctrice, la dette croîtra de 66 milliards d’euros cette année, de 75 milliards en 2026, et ce surcroît d’endettement atteindrait même 107 milliards d’euros pour l’année 2029.

Et il a joué son va-tout : demander aux parlementaires, dans une sorte de référendum – oui, non, ne se prononce pas –, de se positionner sur la gravité de la situation économique, avant de discuter ensuite des mesures proposées le 15 juillet qui sont toutes selon lui « discutables et amendables » avec les partenaires sociaux.

Si la question paraît aujourd’hui rhétorique – aucun bord politique ne conteste le caractère alarmant des dérapages budgétaires, chacun lui attribuant des causes et des remèdes différents – il n’est pourtant pas question pour François Bayrou de saucissonner le « package », voire de supprimer l’une ou l’autre de ces pistes, à commencer par la très impopulaire suppression de deux jours fériés. Et il a fortement insisté sur la nécessité de partager le fardeau entre tous les Français pour que les efforts soient « justes » et admis.

Reste que la ligne de politique générale de l’exécutif ne fait pas la démonstration de cette justice sociale. Les retraités, les chômeurs, les malades et tous les bénéficiaires de prestations sociales seront clairement mis à contribution par une série de mesures déjà bien définies (lettre de cadrage sur l’assurance chômage envoyée aux partenaires sociaux, lettre de cadrage sur une réforme du travail prévue pour septembre…). Ce n’est pas le cas des entreprises et des plus riches qui seraient touchés par une contribution de solidarité dont les contours sont encore flous.

Hormis la défense, qui voit son budget croître de 6,7 milliards d’euros par rapport à la loi de finances pour 2025, et quelques autres budgets en croissance (la charge de la dette, conséquence des hausses d’intérêts passées et de l’augmentation du stock de la dette, ainsi que le prélèvement pour l’Union européenne), les grands perdants de la proposition de budget sont les missions relatives à la solidarité, l’insertion et l’égalité des chances,........

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