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Le nombre d’expulsions locatives continue de battre des records, et 3 autres infographies à ne pas rater

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26.03.2026

Le graphorama, c'est quatre infographies sélectionnées chaque semaine par la rédaction pour regarder l'actualité autrement.

Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.

Au menu de ce nouveau graphorama : les expulsions locatives atteignent un niveau record ; la démocratie continue de reculer dans le monde ; le télétravail est loin de disparaître dans les entreprises ; le droit britannique n’a pas beaucoup changé depuis le Brexit…

Chaque semaine, Alternatives Economiques sélectionne pour vous quatre graphiques qui éclairent différemment l’actualité.

Au menu de ce nouveau graphorama : les expulsions locatives atteignent un niveau record ; la démocratie continue de reculer dans le monde ; le télétravail est loin de disparaître dans les entreprises ; le droit britannique n’a pas beaucoup changé depuis le Brexit.

1/ Logement : un record d’expulsions en 2025

Le nombre d’expulsions locatives fait un nouveau bond en 2025

Où cela s’arrêtera-t-il ? Le nombre de ménages locataires expulsés de leur logement (mesuré au nombre de procès-verbaux pour expulsions dressés), qui était déjà en forte hausse depuis plusieurs années à la suite du durcissement de la législation (loi Kasbarian-Bergé de 2023, loi narcotrafic de 2025), a dépassé les 30 000 en 2025. Une hausse de 27,2 % par rapport à 2024 !

Les chiffres, publiés par la Chambre nationale des commissaires de justice, chargés1 de l’exécution des décisions, montrent pourtant que les commandements de payer, acte préalable à toute expulsion, ne sont guère plus nombreux (+ 2,4 %). Autrement dit, c’est moins le nombre de procédures qui a augmenté que le taux de celles connaissant l’issue la plus sévère.

« On voit sur le terrain depuis plusieurs années moins de sursis, moins de tolérance pour les personnes âgées, malades, avec des enfants en bas âge, ou sans solution de logement, qui sont expulsées quand même », a déclaré à l’AFP Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés. A défaut de solutions face à la crise du logement, les pouvoirs publics semblent en tout cas avoir trouvé leurs boucs émissaires.

2/ La démocratie recule encore dans le monde

En 2025, le nombre d’autocraties dépasse celui de démocraties

Pour la deuxième année consécutive, il y a plus d’autocraties que de démocraties sur la planète. Le rapport annuel de l’institut V-Dem, basé à l’université de Göteborg (Suède), dresse un tableau assez sombre. Près des trois quarts de la population mondiale (74 %) vit désormais en autocratie contre seulement un quart (26 %) de la population qui habite dans une démocratie électorale ou libérale.

L’institut suédois agrège un ensemble de données pour mesurer la démocratie à l’aune de cinq indices clés : électoral, libéral, égalitaire, participatif et délibératif. Pour la première fois depuis plus de cinquante ans, les Etats-Unis sont relégués au rang de « démocratie électorale » et perdent leur rang de démocratie libérale. Sous la présidence Trump II, le pays est même revenu à son niveau de démocratisation de… 1965. Le rapport pointe notamment les reculs en matière d’Etat de droit, les intimidations contre les médias et les voix dissidentes, ou encore la suppression de droits civiques.

Plus globalement, V-Dem insiste sur le fait que le nombre de démocraties libérales est en baisse en 2025 (31) depuis son pic de 2009 (45), alors que le nombre de démocraties électorales a augmenté sur la même période (passant de 46 à 56). Cela signifie donc que « les caractéristiques libérales des démocraties établies – les contrepouvoirs à l’exécutif, le respect des libertés civiles et l’Etat de droit – s’érodent ». Tandis que dans le même temps, les autocraties deviennent de plus en plus répressives.

3/ Le télétravail n’est pas mort, loin de là

Recul du télétravail en 2025 : une minorité d’entreprises

Ubisoft, Société générale, Amazon… ces derniers mois, plusieurs firmes célèbres ont annoncé un retour en arrière sur le recours au télétravail. Est-ce le début de la fin du télétravail ? Loin de là, si l’on en croit la dernière publication de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) sur le sujet.

Certes, l’année dernière, 9 % des entreprises interrogées indiquent avoir supprimé le télétravail ou diminué le nombre de jours à distance accordés à leurs cadres. Et à l’ombre des cas médiatisés, ce sont surtout des PME (petites et moyennes entreprises) qui sont revenues en arrière. Mais 89 % des employeurs n’ont pas changé leurs règles, et certains ont même étendu le recours possible au travail extra-muros. Surtout, les perspectives futures sont de nature à rassurer celles et ceux qui ne veulent plus se rendre au bureau tous les jours.

Pour 2026, seules 3 % des entreprises prévoient de réduire le recours au télétravail. D’abord, parce que « les entreprises autorisant le télétravail restent convaincues qu’elles ont plus à y gagner qu’à y perdre en termes de productivité (45 % d’entre elles) comme de qualité de vie au travail (67 %) », indique l’Apec. Ensuite, parce qu’elles anticipent « des effets délétères sur l’attractivité, la motivation et la rétention de leurs cadres ». Ces derniers leur donnent raison : 48 % déclarent qu’ils quitteraient carrément leur entreprise si elle interdisait le télétravail. Tout laisse donc penser que le travail hybride va durablement s’installer avec, le plus souvent, deux jours d’exercice à distance et trois au bureau.

4/ Six ans après le Brexit, le droit britannique a peu changé

Le Royaume-Uni s’est peu éloigné du droit européen malgré le Brexit

Les partisans du Brexit voyaient dans ce divorce, acté en 2020, une opportunité pour le Royaume-Uni de s’affranchir du droit européen. Qu’en est-il six ans après ? Selon une récente étude du Haut-Commissariat à la stratégie et au Plan français, 63 % du droit hérité de l’Union européenne est finalement resté inchangé. L’essentiel du droit abrogé (23 % du droit hérité de l’UE) concerne la pêche et l’agriculture. Pour les 12 % modifiés, les changements ont été surtout techniques.

Les divergences les plus significatives portent sur le secteur financier, en matière de politique migratoire (pour favoriser les étudiants et les travailleurs qualifiés), et pour remplacer la politique agricole commune (PAC). Parmi les pistes d’explications à cette machine arrière, entre autres : le manque de moyens de la fonction publique britannique pour conduire ce chantier, le choix de nombreuses entreprises de rester alignées sur l’UE, et une sous-estimation des coûts associés à cette divergence réglementaire.

« Les projets de divergence ont fortement ralenti sous le gouvernement travailliste formé en 2024 », constate Joël Reland, chercheur au centre UK in a Changing Europe, et auteur de l’étude en question. Le Premier ministre Keir Starmer recherche désormais au contraire un alignement plus étroit avec l’UE. Jusqu’où est-il prêt à aller ? « Si la décision récente du gouvernement travailliste de rejoindre le programme de mobilité étudiante Erasmus+ indique qu’il serait prêt à participer au budget [de l’UE, NDLR], un retour au principe de la libre circulation des personnes reste exclu », conclut-il.

1. Depuis le 1er juillet 2022, les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires exercent sous un titre unique : commissaire de justice.


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