Sommet de l’investissement: le Canada attire des acheteurs, mais pas de bâtisseurs
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« Une bonne idée, ce Sommet de Toronto. Toutefois, lorsqu’un investissement ne fait que changer le propriétaire d’une usine, il n’ajoute ni capacité de production ni résilience à notre système alimentaire. »
EXPERT INVITÉ. Le premier Sommet canadien de l’investissement se terminait mardi à Toronto. Le gouvernement Carney y a réuni quelques-uns des plus grands investisseurs institutionnels de la planète avec une ambition spectaculaire : catalyser 1 000 milliards de dollars (G$) d’investissements au Canada au cours des cinq prochaines années.
Organiser ce sommet relève d’une bonne intention, et constitue même une initiative nécessaire. Le Canada souffre depuis trop longtemps d’un déficit d’investissement qui mine sa productivité. Réunir au même endroit les décideurs capables de financer de grands projets permet de présenter nos atouts et d’accélérer des décisions qui, trop souvent, s’enlisent. Mais la qualité de l’initiative ne dispense pas d’examiner les secteurs qu’elle a laissés en marge.
« Le Canada possède ce que le monde veut », a déclaré le premier ministre Mark Carney pour résumer son argumentaire auprès des investisseurs. Il a raison. Mais encore faut-il que le Canada soit capable de transformer ici ce qu’il possède.
L’énergie, les minéraux critiques, les infrastructures, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies ont dominé l’offensive. Ces secteurs stratégiques n’englobaient malheureusement pas celui de l’agroalimentaire.
Cette omission reste difficile à justifier. La transformation des aliments et des boissons représente le plus important employeur........
