Les maîtres et les imposteurs
Symptôme de l’air du temps: les mots «les maîtres» m’évoquent d’abord la mégalomanie stérile du locataire actuel de la Maison-Blanche et de ses acolytes. Trump, JD Vance, Musk, Carlson: un conglomérat dangereux, mû par l’ego et une avidité viscérale du pouvoir. Chacun tord le rêve américain en mirage de compétitivité, reformulé autour d’une identité blanche et chrétienne, peu importe que cette réussite soit vorace, destructrice, excluante. J’ai longtemps cru leur vulgarité signe d’inconsistance, un accident passager. Pourtant, décret après décret, ils consolident des tendances que nous pensions enterrées après la Seconde Guerre mondiale.
Le mouvement est insidieux: une lente érosion de ce que nous croyions acquis. Gouverner devient punir, exclure, montrer les muscles. Cette ère n’est pas qu’américaine: elle désinhibe les pires réflexes – patriarcaux, racistes, liberticides, défiant tout ce que l’humanité a mis tant de temps à........
