Artemis II: vers l’infini et plus loin encore...
« Aujourd’hui, pour toute l’humanité, vous repoussez cette frontière » : c’est par ces mots grandiloquents que la mission Artemis II a annoncé aux quatre astronautes qu’ils avaient dépassé le record de distance de l’humanité de la Terre, qui tenait depuis 56 ans.
Ces mots résonnent, car ils touchent à ce que la philosophe Simone Weil appelait un des « besoins de l’âme » de l’être humain : celui de se dépasser, d’aller plus loin, de battre des records, de « repousser nos frontières ».
Oui, cette exploration spatiale fascine par ses avancées scientifiques, par les moyens technologiques nécessaires déployés, par les clichés exceptionnels de la Lune et de sa face cachée, de notre planète bleue...
Mais cette fascination transcende les découvertes scientifiques.
Elle fait vibrer une fibre que nous avons tous en nous : celle du goût de l’exploration, du dépassement de soi, de sortir de chez soi... qui se conjugue, en même temps et paradoxalement, à notre besoin d’enracinement, du confort et du chez-soi.
Sans un des deux, on sent toujours qu’il nous manque quelque chose.
Collectivement, on porte la nécessité d’innover, d’avancer, de changer, de découvrir pour prospérer. Sinon, c’est le déclin. Si la conquête de l’espace jusqu’à l’alunissage en 1969 nous a tant marqués, c’est parce que ceux-ci répondaient à ce besoin humain du dépassement et de la découverte.
« Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité », a dit Neil Armstrong. L’humanité progressait par la conquête spatiale. L’optimisme des trente glorieuses y était lié.
Individuellement, nous portons aussi en nous cette tension entre un besoin d’audace et de confort.
De notre volonté de sortir de notre zone de confort, même si, instinctivement, on y retourne toujours. De se surpasser, de vivre de nouvelles expériences... tout en aspirant s’enraciner dans une maison et un milieu, avec une famille et des amis.
Alors je dis : vers l’infini et plus loin encore... tout en revenant sur Terre, comme les quatre astronautes le feront aujourd’hui !
