Quand la guerre s’invite à Tchernobyl
Quarante ans après l’accident de Tchernobyl, l’auteur met en perspective les risques liés par l’exposition de la radioactivité résiduelle des lieux.
Il y a 20 ans, le 28 avril 2006, dans La Presse, je répondais à un article d’un collectif d’environnementalistes dont faisait partie un certain Steven Guilbeault, de Greenpeace, demandant de « Ne pas minimiser Tchernobyl »1.
Avec un titre opposé, je répondais que « le registre émotif ne sert pas un débat éclairé sur la pertinence du nucléaire comme source d’énergie. »
En 2026, je persiste et je signe. Nous voici commémorant les 40 ans d’une catastrophe nucléaire qui a frappé les esprits. Mais aujourd’hui, Tchernobyl est aussi frappée par une guerre qui a tué bien plus que l’accident nucléaire d’origine. Or, voilà, le facteur humain y est pour beaucoup dans notre appréhension de la réalité, laissez-moi vous présenter la situation en utilisant la lorgnette de la radioprotection, cette discipline qui, justement, vise à protéger le vivant, des effets des rayonnements ionisants comme ceux provenant de Tchernobyl.
En radioprotection comme dans bien d’autres domaines de sûreté, on distingue le risque réel, le risque perçu, le risque tolérable et le risque acceptable. Pour bien se comprendre, il faut aussi faire la différence entre un danger, ce qui peut causer un dommage ou une blessure et le risque qui est une probabilité d’occurrence d’un........
