Face à la montée de l’extrême droite et à sa complaisance avec la Russie, l’enjeu de discernement, dont firent preuve les résistants à l’occupant nazi, doit être à nouveau convoqué, estime Erwan Le Morhedec. Plusieurs films parus récemment réinterrogent l’effondrement moral de 1940 pour empêcher qu’il ne se répète.
« En convoquant l’histoire, les œuvres de cinéma soulignent l’épaisseur des temps présents »
Suis-je prêt ? Le serais-je ? Suis-je assez formé ? Ai-je les principes et la passion qui me permettraient peut-être de faire le choix juste si l’Histoire devait me le demander ? Question obsédante pour moi et pour beaucoup, mais peut-être tout particulièrement pour les Français, qui gardent le souvenir de l’effondrement moral.
Lorsqu’il a fallu choisir sur le nuancier qui allait de la folle résistance à la collaboration raisonnable, d’aucuns ont pris des voies auxquelles leurs états de service ne les prédisposaient pas. À Londres et sur le sol français, des Français firent vivre cet appel que tous n’entendirent pourtant pas : « Il faut qu’il y ait une espérance. Il faut que, quelque part, brille et brûle la flamme de la Résistance française » (24 juin 1940).
Qu’est-ce qui a pu déterminer les parcours parfois imprévisibles de ces hommes et ces femmes ? Comment ont-ils discerné et comment le pouvons-nous aujourd’hui ? Tous ne pouvaient pas capter la radio de Londres ou recevoir la presse clandestine. Aujourd’hui, notez, le brouillard informationnel a remplacé la rareté. Les circonstances diffèrent, l’enjeu de discernement reste.
Résister lorsque tout semble perdu
Il n’est pas anodin qu’en ce moment précis de notre........
