Les Cycles Lapierre, victimes d'une filière vélo en berne et d'un groupe endetté
Six mois : c’est le délai dont disposent les Cycles Lapierre pour se remettre en selle. Le 25 août 2026, le tribunal de commerce de Dijon a placé en redressement judiciaire la marque historique du cycle français, dont l’activité principale est la conception et l’assemblage de vélos.
La décision était demandée par l’entreprise elle-même à la suite de la faillite d’Accell, sa maison mère domiciliée aux Pays-Bas et leader européen du secteur. Le groupe entraîne donc dans sa chute une vingtaine de marques de vélos à travers l’Europe, plongeant, outre la centaine d’employés français de Lapierre, quelque 2 000 salariés dans l’inconnu.
La fin du boom du vélo
Jusqu’en 2019, le marché était stable, légèrement haussier. Puis il y a eu « une période d’embellie extraordinaire, purement conjoncturelle, après la crise sanitaire », explique Virgile Caillet, délégué général de l’Union des entreprises du sport et du cycle (UESC), la fédération du secteur.
En 2022, les ventes de vélos neufs en France ont effectivement atteint 2,4 milliards d’euros, contre 1,3 milliard en 2018 ! Cette envolée s’explique en grande partie par l’essor du vélo à assistance électrique (VAE), qui a représenté jusqu’à 61 % de la valeur totale du marché du vélo neuf. Mais cette demande inédite a poussé les commerces à commander de manière déraisonnée, sans anticiper une éventuelle stabilisation.
« Lorsque le marché s’est rétracté, on s’est retrouvé en situation de surstock. Les entreprises ont fait beaucoup de promotions, avec à la clé une baisse très forte de la marge et de la rentabilité », détaille Virgile Caillet.
« Lorsque le marché s’est rétracté, on s’est retrouvé en situation de surstock. Les entreprises ont fait beaucoup de promotions, avec à la clé une baisse très forte de la marge et de la rentabilité », détaille Virgile Caillet.
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