Pas de «Miracle» pour les Tchèques
MILAN | « On était à trois minutes de faire comme dans le film là, que je ne me souviens plus du nom, avec les Américains » à Lake Placid.
C’est ce qu’a raconté le défenseur tchèque Radko Gudas après la rencontre. Il en a joué une très grosse, lui. C’est d’ailleurs après avoir étampé Sidney Crosby dans la bande en deuxième période que ce dernier a quitté le match.
Le film, c’est Miracle. Gudas s’est ravisé après avoir dit ça. « Je ne veux pas nous comparer à eux là. » Mais le défenseur des Ducks voulait souligner à quel point son pays était passé près d’un exploit impensable.
« On ne peut pas sortir avec la tête entre les deux jambes. On leur a rendu la monnaie de leur pièce. Je suis tellement fier de nous », a ajouté le sympathique joueur robuste, qui évolue avec la cinquième nation, rappelons-le. Car la Tchéquie n’a pas été invitée à la Confrontation des 4 nations l’an dernier. Une victoire aurait été dans les dents de beaucoup de monde.
Prédire la victoire du Canada contre la Tchéquie, c’était comme prédire de la pluie quand il commence à mouiller.
Depuis une semaine, j’encense l’équipe canadienne. Et je soulève à quel point plusieurs commencent à croire qu’il s’agit de la meilleure équipe canadienne qui n’a jamais été assemblée.
Je vous confirme que je n’avais pas les baguettes en l’air sur la tribune de presse quand le Canada était à 3 min 28 s d’être évincé des Olympiques. C’était la première fois depuis 2010 que le Canada tirait de l’arrière dans un match olympique masculin (avec les joueurs de la LNH invités). Ça faisait 805 minutes.
J’avais de la misère à y croire. Le Canada était bien meilleur que la Tchéquie, mais pas tant que ça non plus. Quelques erreurs défensives du Canada permettaient à la Tchéquie de menacer, Crosby était parti, Connor McDavid se tenait loin des zones payantes, Nathan Mackinnon commençait à s’impatienter... J’ai commencé à croire à la foi tchèque.
Et là, boum, le bon vieux Ondrej Palat donne l’avance à son équipe avec 7 min 48 s à faire. Avec six joueurs sur la glace, en passant. Les journalistes tchèques autour de moi peinaient à contenir leur joie.
Nick Suzuki joue ensuite les héros. Mais le Canada trouve le moyen de donner une échappée à Martin Necas avec une minute à faire. Et quelques secondes après, Mark Stone réussit un énorme jeu défensif, qui évite de donner une chance en or à la Tchéquie.
Ce « cross tchèque » aurait été historique. Sans son capitaine, le Canada a frôlé plusieurs icebergs.
Jordan Binnington a encore une fois répondu présent quand il le fallait. « Ce que font les gagnants : ils vous donnent une chance de gagner », a lancé son entraîneur Jon Cooper pour parler de son gardien, dont beaucoup de Canadiens doutaient.
Cooper aurait préféré un match plus simple, mais il ne se montrait pas étonné par l’allure de la rencontre.
« C’est ça les Olympiques. C’est tout l’intérêt de la chose. Écoutez, ce sont les meilleurs des meilleurs qui s’affrontent et qui veulent montrer ce dont ils sont capables », a réagi Cooper en point de presse quelques minutes après la victoire.
« Ça ne veut pas dire que, parce que tu as une feuille d’érable sur ton chandail, tu vas finir premier. Tu dois travailler fort pour ça et les gars sont au courant. Les Tchèques sont arrivés aujourd’hui et ils se sont dit qu’ils n’allaient pas nous laisser les battre une deuxième fois et ils ont quasiment eu raison », a-t-il ajouté.
Après le match, ce dont les joueurs canadiens parlaient beaucoup, c’était évidemment du but gagnant complètement ridicule de Mitch Marner, tellement il était impressionnant. « Ce gars-là est incroyable. Il peut créer des choses avec rien », a réagi Brad Marchand.
Vous savez, ce même Mitch Marner que Toronto ne voulait plus, car il s’efface dans les moments importants. Ce même Marner qui avait été dominant aux 4 nations l’an passé. Peut-être que ce n’était pas Marner le problème finalement.
