Michael Hage: aucune option ne doit être écartée
Le Canadien a perdu deux fois samedi.
Battu nettement par les Blue Jackets de Columbus sur la glace, le Tricolore a aussi encaissé une autre défaite, hors glace celle-là, aux mains de Pat Brisson et de son client Michael Hage.
Le jeune centre a choisi de demeurer une troisième saison avec les Wolverines de l’Université du Michigan, dans la NCAA. Une décision mûrement réfléchie, qui démontre une belle maturité, ont affirmé haut et fort Brisson et le Canadien.
Reste qu’à Montréal, on est loin de sauter de joie.
La blessure à la cheville de Hage atténue toutefois l’effet négatif de la décision de l’espoir sélectionné au 21e rang du repêchage de 2024.
En signant un contrat d’entrée dans la LNH, Hage se serait exposé inutilement compte tenu de son état de santé. À 19 ans, le centre n’était plus que l’ombre du joueur qui a dominé les rangs collégiaux américains cette saison lors de la défaite des Wolverines en demi-finale du Frozen Four jeudi dernier.
Il était impensable de l’insérer dans l’alignement du Canadien en fin de semaine, considérant l’état de son « bas du corps ».
Une autre avenue aurait été celle d’un contrat d’essai avec le Rocket de Laval. Mais sans certitude de guérison complète, lui permettant de faire feu et peut-être de rejoindre l’équipe première en deuxième ronde des séries, le risque était jugé trop grand.
Il faut aussi parler du fameux « NIL ».
La révolution du Name, Image, Likeness dans la NCAA offre au clan Hage une perspective de revenus plus que substantiels au cours de la prochaine année. À l’Université du Michigan, il bénéficie de ressources imposantes, et le programme de hockey y est considéré comme prioritaire, juste derrière ceux du football et du basketball.
Il va de soi que toutes les autres raisons, plus romantiques, seront mises de l’avant : la situation familiale, des promesses faites à un proche mourant, le respect de la volonté maternelle ou encore la venue du frère de Hage avec le programme des Wolverines, avec qui il s’est engagé pour la saison prochaine.
D’excellents motifs de justification... qui auraient sans doute été balayés au profit d’un contrat d’entrée si Hage avait été en parfaite santé.
Un plan qui tombe à l’eau
Jeff Gorton et Kent Hughes voyaient Hage comme un complément de rêve derrière Nick Suzuki au centre.
Mais la « game » a changé avec le NIL.
Une autre preuve : le petit attaquant québécois Justin Poirier, qui avait surpris en quittant le Drakkar de Baie-Comeau pour rejoindre les Black Bears du Maine cette saison, vient de se déclarer éligible à la fenêtre de transferts de la NCAA. Poirier et ses agents négocieraient déjà une nouvelle destination américaine, avec à la clé des engagements financiers plus importants.
La décision de Hage place donc le Canadien dans une situation inconfortable à court et moyen terme.
Si Hage ne change pas d’idée au cours des prochains mois et retourne réellement à Ann Arbor, une question s’impose : que fera le Canadien ?
Montréal a beaucoup progressé cette saison et voudra continuer sur sa lancée l’an prochain. L’absence d’un centre fiable au cœur du deuxième trio deviendra un enjeu majeur si Hage n’est pas au rendez-vous.
Est-ce que Gorton et Hughes pourraient être tentés de monnayer Hage dans une transaction en marge du repêchage ?
Ce n’est évidemment pas le plan A. Mais les dirigeants du Tricolore ont constaté en fin de semaine qu’ils ne contrôlent pas tous les plans A.
Aucune option ne peut donc être écartée.
