L’Australie : puissance régionale, dépendance globale ?
Il y a cinq ans, l’Australie dénonçait l’« accord du siècle » qu’elle avait signé avec la France sur la livraison de 12 sous-marins traditionnels, optant à la place pour une alliance avec les États-Unis et le Royaume-Uni – AUKUS – devant lui permettre de recevoir des sous-marins nucléaires fournis par Washington. Ce projet prend déjà du retard. Sans sortir d’AUKUS, Canberra se rapproche d’autres pays de l’Indo-Pacifique pour renforcer sa défense dans un contexte sur lequel plane toujours le risque de la déflagration que constituerait une invasion de Taïwan par la Chine.
Les doutes formulés fin janvier par le Congressional Research Service (CRS) sur la capacité des États-Unis à livrer des sous-marins à l’Australie ravivent le sentiment de vulnérabilité stratégique de Canberra.
Alors que la rivalité s’intensifie dans l’Indo-Pacifique, l’Australie renforce ses partenariats de sécurité dans son voisinage immédiat, comme en témoignent les récents accords conclus avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée (2025) et l’Indonésie (2026) dans une tentative de limiter sa dépendance à l’égard de Washington et de renforcer sa marge d’autonomie stratégique.
AUKUS : une stratégie finalement incertaine pour l’Australie
L’alliance AUKUS, pacte de sécurité tripartite signé en 2021 entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis, a marqué un tournant pour la défense australienne. Par ce partenariat, Canberra rompait le « contrat du siècle » précédemment signé avec la France, qui prévoyait la livraison par Paris de douze sous-marins conventionnels, pour se tourner vers une flotte à propulsion nucléaire de conception américaine. Le pilier n°1 de cette alliance, le « transfert de sous-marins nucléaires », devait moderniser la flotte australienne et garantir l’accès aux technologies avancées.
Près de cinq ans après la signature, la mise en œuvre accuse des retards importants et des coûts croissants. Aucun sous-marin........
